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Le 28e Festival Flamenco, du 9 au 20 janvier à Nîmes : calorifique !

Le flamenco s’anime à Nîmes

• 9 janvier 2018⇒20 janvier 2018 •
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Le 28e Festival Flamenco, du 9 au 20 janvier à Nîmes : calorifique ! - Zibeline

Aux moments les plus froids de l’hiver, Nîmes se pare de couleurs et de sons, et la ville est plus réchauffée que jamais. Le Festival de Flamenco ponctue, depuis presque 30 ans, les janviers nîmois, et cette fois encore, le programme promet d’être calorifique.

Deux monuments pour commencer. Don Quixote et Andrés Marín. Le héros mythique espagnol se glissera dans les pas et le souffle du danseur et chorégraphe plus que jamais provocateur et inventeur. Dans cette création coproduite par le Théâtre de Nîmes, Don Quichotte est résolument contemporain et universel. Tantôt motard, tant joueur de foot, toujours en quête de liberté, flamenquissime jusqu’au bout des ailes. Avec Patricia Guerrero et Abel Harana.

Ángel Muñoz joue avec les noirs et blancs et mélange les rythmes entre flamenco (Antonio Campos) et électro (Artomático) dans son récent Claroscuro. Un voyage en ombre et lumière avec nombre de passerelles entre les styles, et où la pureté s’impose même là où on ne l’attend pas. Avec un after (Electroflamenco, joué par les musiciens du spectacle et le danseur David Coria, présent au festival pour son El Encuentro) à la Paloma.

Mari Peña, immense voix andalouse, signe son premier disque solo, accompagnée du nîmois Antonio Moya, guitariste et mari de la chanteuse. Du pur chant flamenco puro gitan, porté par une véritable dynastie dont elle est la flamboyante héritière.

On pourra d’ailleurs cette année se plonger dans l’univers du chant gitan : de nombreux rendez-vous le mettent à l’honneur. Il y aura en effet aussi Luis Moneo et Antonio Reyes lors d’une soirée révélant deux générations de grands chanteurs. Le premier à laissé sa guitare à son fils (qui l’accompagne dans ses tournées) pour, à plus de 50 ans, débuter une carrière vers le cante. Risqué, surtout qu’il a deux frères stars en la matière. Pari réussi : la fibre est bien là, qui s’exprime enfin dans toute sa plénitude. Le second, couvert de prix depuis son enfance, entouré d’une famille flamenca, défend un style pur au plus haut niveau, sans jamais étouffer ses émotions sous la technique et le succès.

Il y aura aussi La Fabi (Fabiola Perez), chanteuse incandescente, présence hypnotique, qui chante, et danse aussi, à la perfection. Et David Carpio invite trois complices à voguer sur sa voix vibrante et gutturale : Manuel Valencia (guitare), Pablo Martín Caminero (contrebasse) et le prix national de danse 2017 Manuel Liñan. Des Solos bien accompagnés.

Israël Galván, impérial, clôturera les festivités. La Fiesta, présentée cet été au Festival d’Avignon dans la Cour d’honneur, imposera sa vision extrême des corps, dans une célébration de la marge, de l’autre, d’un otro mundo : le sien. (voir critique sur journalzibeline.fr).

Huit conférences (toutes en espagnol et traduites, en accès libre) creuseront dans les richesses des contrées flamenca, avec en particulier la présentation en avant-première du fonds européen RomArchive créé à Berlin, qui va centraliser et digitaliser tous les documents sonores et filmés concernant les artistes roms. Un projet auquel s’associe pleinement le festival nîmois, qui lui a déjà cédé toutes ses sources.

ANNA ZISMAN
Novembre 2017

28e Festival Flamenco
9 au 20 janvier
Divers lieux, Nîmes

Photo : Don Quixote-Andrés Marin © Benjamin Mengelle


Théâtre Bernadette Lafont
1 Place de la Calade
30000 Nîmes
04 66 36 65 00
theatredenimes.com