8e édition d'Aflam en ligne et en accès libre, du 26 mars au 4 avril

Le feu couve sous la cendre

• 26 mars 2021⇒4 avril 2021 •
8e édition d'Aflam en ligne et en accès libre, du 26 mars au 4 avril - Zibeline

Avec une programmation très forte, Aflam prouve que le cinéma reste un creuset incontournable de ce qui fait notre monde.

Un an après l’annulation de l’édition 2020 du festival coproduit par l’association Aflam et le Mucem, les 8e Rencontres internationales de cinéma auront cette fois-ci bien lieu. La pandémie est encore là, brouillant les pistes, mais les films seront programmés, diffusés en ligne et en accès libre. C’est une forme qui s’est (malheureusement) développée tous ces mois derniers. L’équipe de programmation a cependant tenu à conserver un certain esprit de rencontre, propre à l’idée première de ce qui caractérise les festivals, et peut-être encore plus celui-ci, qui se doit d’être un réel moment de rencontre. Ainsi, pour accompagner chaque film proposé, les cinéastes vont transmettre une vidéo de présentation, ce qui permettra au spectateur installé chez lui d’associer une parole et une personne aux images qu’il découvrira ensuite. Les cafés-ciné, moments phare du festival Aflam, seront remplacés par des entretiens avec les réalisateurs (créés par le collectif Copie Carbone) à écouter en podcast. Et un public choisi (le Centre pénitentiaire des Beaumettes, un atelier jury organisé dans une structure scolaire) pourra visionner les films lors de séances encadrées et en groupes.

Traques et traces

Les 20 films présentés se répartissent sous trois thèmes extrêmement riches. « Traces de la Révolution et récits de lutte » évoque 10 ans de révolutions, tant dans les pays où sont tombées les dictatures que dans ceux où la révolte a sombré dans une guerre sans fin, ou d’autres où les régimes autoritaires succèdent à ceux renversés. À la recherche de l’homme à la caméra, de Boutheyna Bouslama (France/Suisse, 2019), traverse les frontières et les souvenirs. La réalisatrice nous emmène sur les traces de son ami d’enfance, dont elle a vu le nom au générique du film Retour à Homs (Talal Derki). Devenu activiste, il a documenté les manifestations réprimées par Assad, jusqu’à son arrestation en 2012. Tandis que Marwa Zein dresse le portrait de soudanaises joueuses de foot, bravant les interdits religieux et combattant pour être reconnues comme équipe nationale féminine (Khartoum offside, Soudan, 2019). « Palestine : l’histoire n’est pas finie » raconte une lutte qui se déroule par le biais de l’image, subversive et incisive. Les réalisateurs palestiniens inventent des formes passionnantes pour témoigner de la violence coloniale subie par leur pays. Ameen Nayfeh décrit, dans 200 mètres (Palestine, 2020), l’absurdité des frontières qui divisent les familles. Kamal Aljafari utilise les images de la caméra que son père avait posée sur le toit de la maison (pour surveiller sa voiture) pour faire un portrait de son quartier d’un point de vue immobile et sensible. Colonialisme, encore, dans le troisième thème des Rencontres 2021. Fouad Mennana (avec le chercheur Pierre Michelon) part à la recherche de traces laissées par son grand-père Amara (France, 2019). Agriculteur algérien, il a été déporté dans les bagnes de Guyane française en 1926. « Que reste-t-il des colonies ? Regards et enquêtes de cinéastes » aborde un thème encore très douloureux, où le passé n’est pas encore nommé, où les preuves s’effacent mais les souvenirs persistent. Les films sont tous accessibles pendant 48 heures, les présentations et podcasts sonores sont disponibles pendant toute la durée du festival.

ANNA ZISMAN
Mars 2021

Aflam, 8e Rencontres internationales de cinéma
26 mars au 4 avril
online.aflam.fr

Photo : Dans la maison, de Karima Saïdi © Haut les Mains productions