Le Festival International d'Art Lyrique d'Aix accessible en version numérique

Le festival d’Aix-en-Provence repensé

• 6 juillet 2020⇒15 juillet 2020 •
Le Festival International d'Art Lyrique d'Aix accessible en version numérique  - Zibeline

Si l’édition 2020 du festival d’Aix-en-Provence n’est pas annulée, elle est « simplement empêchée » en raison de la crise sanitaire et les productions reportées. Les amateurs de musique ne seront ainsi pas obligés de faire une croix sur les spectacles grâce à la proposition d’une édition numérique (6 au 15 juillet)

« Répétition, création, interprétation et transmission » sont les mots d’ordre de l’art vivant. Les ateliers de Venelles continuent donc de créer les décors tandis que l’Orchestre des Jeunes de la Méditerranée et l’Académie du Festival d’Aix continuent leurs répétitions et s’adaptent pour développer des programmes en ligne, les services socio-artistique et éducatif de Passerelles poursuivant leur mission.

Afin de mettre en place un festival dématérialisé, les artistes invités ont dû rivaliser d’ingéniosité pour alléger leur programmation et varier les contenus. Quatre rendez-vous quotidiens seront donnés, en grande partie sur France Musique et sur ARTE Concert, en totalité sur le site du festival et sur ses réseaux sociaux – Facebook et Instagram. Chaque journée sera poétiquement ponctuée par un thème particulier : « innocence », « rêve », « égalité » ou encore « mobilité ». Une matinale mettra en valeur des événements artistiques de la journée et sera l’écho des activités tenues lors du festival. Chaque midi, des débats auront lieu entre les principales figures de l’édition sur leur métier au cœur de la crise sanitaire. Dès 19h, un récital ou un concert retravaillé dans sa forme sera retransmis : de Beethoven à Magdalena Kožená en passant par le London Symphony Orchestra, le panel de répertoires sera fourni. À  21h sera rediffusée l’une des productions phares du festival, introduite par l’un de ses artistes.

Le  festival lyrique d’Aix est ainsi totalement repensé sans perdre en ambition ni en qualité, se faisant, l’écho des enjeux artistiques contemporains. Des « éclats numériques » pour réunir virtuellement, donc.

Une programmation numérique chargée

Le festival dans sa version numérique s’orchestre autour de questionnements précis :

« Quelles fables pour l’opéra dans le monde d’aujourd’hui ? », (7 juillet) se situe dans une  perspective d’explication des réalités contemporaines, autour du Pinocchio de Philippe Boesmans, diffusé à 21h.

« Continuer à rêver : réinventer l’enchantement spectaculaire », (8 juillet) souligne combien le passé continue d’inspirer le présent, avec la rediffusion de Songe d’une nuit d’été  de Benjamin Britten.

« La mobilité des artistes au défi des frontières », (9 juillet) trouve une illustration dans le Don Giovanni, figure mythique voyageuse de Mozart.

« L’édition 2020 : repenser le festival »,  (10 juillet) rend hommage à Mozart, inséparable de l’esprit du festival, à travers The Rake’s Progress d’Igor Stravinski.

L’art n’est pas épargné par les inégalités de chances et le festival compte en parler lors de la journée du 11 juillet, intitulée « Accompagnement des carrières artistiques : vers plus d’égalité » et illustrée par Tosca, de Giacomo Puccini, qui évoque « les joies et les peines de la carrière artistique », précédée par un concert du subtil Trio Sōra.

« La création artistique face aux enjeux de l’anthropocène », cette période marquée par l’empreinte humaine sur le monde, sera illustrée par Grandeur et décadence de la ville de Mahagonny, de Kurt Weil, le dimanche 12 juillet.

Largement dédié à l’Orchestre des Jeunes de la Méditerranée, le lundi 13 juillet se penchera sur « La création en Méditerranée », avec la rediffusion de Carmen de Georges Bizet.

Afin de rester vivant, l’art renouvelle ses formes et ses pratiques, s’inscrivant ainsi dans l’ère du temps mais également au cœur de la Ville. C’est ce que démontrera « Nouvelles formes, nouveaux rapports aux publics » le 14 juillet, autour du Requiem de Mozart.

Enfin, le 15 juillet, « Construire l’avenir : le festival dans son territoire » ancrera la programmation dans le pays d’Aix, avec un concert du London Symphony Orchestra, dédié aux Aixois, et qui ouvrira le bal avec Elektra de Richard Strauss, à 21h.

MORGANE POULET
Juillet 2020

Jusqu’au 15 juillet
festival-aix.com

photographie : The Rake’s Progress © Pascal Victor