Rencontre avec Mikhael Piccone, fondateur et directeur du CALMS

Le concert des Voix Solidaires fête ses deux ansVu par Zibeline

• 12 juin 2021, 15 juin 2021, 22 juin 2021 •
Rencontre avec Mikhael Piccone, fondateur et directeur du CALMS - Zibeline

Le CALMS – collectif des artistes lyriques et musiciens pour la solidarité – a été créé en 2019, suite aux effondrements de la rue d’Aubagne. Comment s’est-il constitué ?

L’effondrement du 5 novembre 2018 a été un traumatisme. Les artistes se sont réunis en janvier 2019 pour le concert des Voix Solidaires qui s’est tenu au Toursky. Cette quarantaine d’artistes a décidé de poursuivre cette action en créant une association qui s’unirait pour la solidarité. Des artistes de la région, surtout, comme Luca Lombardo, Jennifer Michel … Qui sont des artistes de premier plan !

L’idée était donc de pérenniser ce dispositif qui reversait aux associations les bénéfices du concert.

Nous voulions proposer chaque année ce rendez-vous où les artistes se réunissent pour une grande lutte. L’année suivante, nous avions réussi à donner un nouveau concert solidaire contre la violence faite aux enfants. À côté de cela, nous avons développé une saison solidaire : soit un concert par mois, avec un plus petit effectif, dédié chaque mois à une association et à une lutte différente. Seul le premier concert de 2020-2021 a pu avoir lieu, malheureusement … Mais le collectif a connu un écho particulier dans l’élan de solidarité général qui s’est formé face à l’épidémie. Si bien que des artistes non marseillais, ni même de la région – des artistes nationaux, tout simplement (rires) – ont rejoint le CALMS. Ils sont désormais plus de deux cents.

Si la saison n’a pas pu voir le jour, le concert annuel des Voix Solidaires se tiendra bien début juin.

En effet, nous le donnons à l’Opéra d’Avignon le 1er juin, à Marseille le 12 au Théâtre Silvain, à l’Opéra de Massy le 15 et à l’Opéra de Nice le 22. Nous sommes très reconnaissants à la Mairie du 1-7 de nous avoir permis de jouer au Théâtre Silvain alors que les modalités de réouvertures étaient encore floues. Au départ, nous devions donner ce concert à l’Opéra de Marseille, mais nous n’étions pas sûrs de pouvoir.

Comment avez-vous concocté le programme ? Est-il toujours en lien avec les causes que vous défendez ?

Absolument ! Il est dédié cette année aux femmes victimes de violence. Le programme varie selon les soirs, mais on retrouvera des artistes incroyables : Amélie Robins, Éléonore Pancrazi, Marc Laho qui arrivera de Belgique. Les plus grands opéras mettent en scène la violence faite aux femmes : le meurtre de Carmen est un féminicide ; Don Giovanni est un violeur. Il faut le dénoncer, le montrer, et ne pas l’enjoliver ou le minimiser. L’opéra sait être politique !

Ce principe du concert participatif prend une ampleur considérable depuis 2019 …

C’est assez ahurissant, oui ! L’année prochaine, soit en 2022, beaucoup de maisons d’opéra qui ne pouvaient pas nous accueillir cette année en raison des protocoles sanitaires prévoient de nous recevoir : Vichy, très probablement le Capitole de Toulouse, Toulon, Saint Etienne, Bordeaux, Rennes, Nantes, Angers … c’est formidable ! Grâce aux soutiens de nos mécènes – la fondation du Crédit Agricole, notamment – et des collectivités, nous avons vraiment réussi à mettre en place une belle programmation.

Il est par ailleurs question de donner votre saison 2021-2022 au Foyer de l’Opéra de Marseille, intégralement.

Nous en serions très heureux. Ce serait un beau symbole, unir le lyrique et le solidaire dans le foyer – ce lieu d’entrée, d’ouverture de l’Opéra ! Nous avons vraiment la volonté d’ouvrir l’Opéra vers quelque chose de citoyen et de démocratique. Ce sont des termes que l’on associe rarement à l’opéra, mais j’y tiens.

En attendant la rentrée, cet été, Opéra Déconfiné reprend également du service.

Tout à fait ! Le concept demeure inchangé depuis son lancement à Aix-en-Provence, en partenariat avec Le Relais des Possibles. Nous intervenons désormais également à Marseille et à Manosque. Grâce au soutien des collectivités locales, nous pouvons aller à la rencontre de publics qui n’ont jamais eu de contact avec l’opéra. Ici encore, des thématiques fortes – les rapports entre hommes et femmes, la patrie, la fraternité – permettent d’entrer dans les œuvres sans difficulté. D’entendre enfin des voix lyriques, venues des parvis de leurs immeubles ! Et de nous répondre : ils nous interpellent, nous parlent directement ! Ce sont toujours des rencontres très fortes.

Propos recueillis par SUZANNE CANESSA
Juin 2021

Photo © Mikhael Piccone

Opéra-Théâtre du Grand Avignon
1 Rue Racine
84000 Avignon
04 90 82 81 40
http://www.operagrandavignon.fr

 

Théâtre Silvain
Anse de la Fausse Monnaie
Chemin du Pont
13007 Marseille
04 91 31 40 17
http://www.capsur2013.fr/