Neuf jours de spectacles de danse au Ballet National de Marseille

Le BNM bouleverse le répertoire

• 13 décembre 2018⇒21 décembre 2018 •
Neuf jours de spectacles de danse au Ballet National de Marseille - Zibeline

La danse dans tous ses états. En 9 jours et 6 spectacles, le BNMFEST continue, pour le quatrième hiver, de faire bouger les corps et les esprits. Toujours plus émancipée, la danse mêle de plus en plus ses influences, et si les catégorisations se multiplient, l’art chorégraphique est au contraire sur le chemin d’une réunification, qui juxtapose les styles dans un brassage fécond. Le public du festival pourra ainsi s’imprégner de toutes sortes de genres, avec le mouvement comme langage commun. Les deux directeurs Emio Greco et Pieter C. Scholten ont élaboré une programmation pointue et festive, avec ateliers de pratique pour tous et un regard particulier sur la scène néerlandaise, appuyé, comme la dernière édition d’actOral, par le soutien du fonds Dutch Performing Art.

Introduit par une conférence de Geneviève Vincent qui interrogera la notion de répertoire, héritage et terreau d’invention (« Parlons danse », entrée libre), le coup d’envoi du BNMFEST sera donné par la nouvelle création des hôtes du lieu. Les cygnes et les autres célèbre le bicentenaire de la naissance de Marius Petipa, et mobilise là aussi le souvenir, l’empreinte d’une écriture fondatrice sur les corps et les propos chorégraphiques d’aujourd’hui. Entre fidélité et invention, la pièce est une redécouverte du langage de l’iconique chorégraphe du ballet russe.

On pourra ensuite se plonger dans un tout autre univers, en participant à l’atelier proposé par Sarada Sarita Keilman (membre du collectif néerlandais ISH) : une initiation à la pratique du voging, arrivée du New York des années 80, inspirée des poses des mannequins lors des défilés de mode. Dans BSTRD, Katerina Andreou revendique l’hybridation des origines, métisse les influences et les styles, en élevant le rapport à la culture house et au disque vinyle comme principale référence.

C’est un ballon de foot qui dessine l’univers de .Ball. Née de la rencontre entre le chorégraphe Guilherme Miotto et le double champion du monde de football de rue Nasser el Jackson, la pièce est un solo entre le sportif et son ballon : les mouvements ne sont plus dirigés vers une victoire, mais vers une communion directe avec le public.

Focus néerlandais avec, le même soir, Sychron(icit)y, première française du collectif DIKKER + OOSTRIK, variation sur des extraits de chorégraphies de Greco et Scholten, suivi d’Escape in 49 et 30 (première française), où Amos Ben-Tal interroge la mesure du temps, où le public pourra éprouver qu’il ne passe pas à la même vitesse pour tout le monde.

Ziel Rouh (première française) est une chorégraphie conçue par quatre chorégraphes (Greco et Scholten, Nacera Belaza et Vincent Colomes), interprétée par les danseurs de la Cie ICK. Porté par le chant de Karima El Fillali et l’orchestre andalou d’Amsterdam, le spectacle est une fusion des états de l’âme humaine.

Le DJ set de Why am I Mr Pink ? (Radio Grenouille) finira finalement de mettre tout le monde d’accord.

ANNA ZISMAN
Novembre 2018

BNMFEST
13 au 21 décembre
Ballet National de Marseille

Photo : .Ball, Cie Corpo Maquina c Ernest Potters


Ballet National de Marseille
20 Boulevard de Gabès
13008 Marseille
04 91 327 327
www.ballet-de-marseille.com