Vu par Zibeline

L’art se réclame

 - Zibeline

Témoignages d’une époque où la pub se disait réclame, les travaux publicitaires de Victor Vasarely rarement montrés. Avant l’Op’art et le Cinétisme.

Mais qui se souvient avec exactitude du logo créé en 1972 pour revigorer l’image de la marque d’automobiles Renault ? L’exposition de ses dessins publicitaires ne nous en dévoile malheureusement pas les recherches. Mais on découvre en une centaine de documents cette activité professionnelle alimentaire méconnue, et néanmoins significative, dans la carrière d’un des plus influents plasticiens de la modernité. De son installation à Paris dans les années 30 jusqu’à 1957 où il se consacre entièrement à ses ambitions artistiques, la présentation suit, linéaire et monotone, un ensemble éclectique de travaux publicitaires originaux, esquisses, encarts pharmaceutiques, affiches, couvertures de livres complétés par des publications d’époque.

L’évolution des conceptions et des styles de communication visuelle transparaît concomitamment à ses investigations plus personnelles, dans la veine constructive d’un Fernand Léger (Plastocoat), ou vers des recherches plus plasticiennes intégrant différentes techniques modernes : aérographe, montage et collage photographique (Asthme ou l’oiseau rouge), inclusion de matières tel ce voile de tulle noir collé sur gouache (Tuberculose).

L’exposition est prolongée par un catalogue plus largement illustré et documenté. Des écrits de l’artiste, témoignages, de sa galeriste Denise René notamment, rappellent ce travail théorique permanent de l’artiste en prise avec le monde présent, son regard sur la pratique artistique dans un souci constant d’intégration sociale. Dans son article Optique, graphisme et publicité, paru dans le numéro spécial d’Art Présent en 1947, Vasarely expose déjà certaines orientations qui nourriront ses conceptions sur la forme et la fonction de l’art dans la société. En 1955, dans son Manifeste jaune il déclare : «Nous ne pouvons laisser indéfiniment la jouissance de l’œuvre d’art à la seule élite des connaisseurs. L’art présent s’achemine vers des formes généreuses, à souhait recréables : l’art de demain sera trésor commun

CLAUDE LORIN

Juin 2012

 

Vasarely et la publicité

jusqu’au 30 sept

 

Fondation Vasarely
1 avenue Marcel Pagnol
13090 Aix-en-Provence
04 42 20 01 09
http://www.fondationvasarely.org/