19e édition, sous le signe du vivant, des Arts Éphémères à Marseille

L’art se met au vert

• 27 mai 2021⇒13 juin 2021 •
19e édition, sous le signe du vivant, des Arts Éphémères à Marseille - Zibeline

À Marseille, les Arts Éphémères reviennent habiter les allées du Parc Maison Blanche : une 19e édition sous le signe du vivant.

Après « Flux », en 2019, qui traitait des questions d’écologie dans notre environnement mondialisé, les Arts Éphémères invitaient l’an dernier à découvrir le travail in situ des artistes de l’édition placée sous le signe de la « Proxémie » -autrement dit, l’étude des distances sociales entre les individus. Un thème de circonstance, par les temps qui courent. Les co-commissaires Martine Robin et Isabelle Bourgeois proposent pour 2021 de se retourner cette fois sur les origines de la vie, avec un titre toujours aussi prometteur tant il est concis et recèle les mystères de la science : « Métazoaire ». En référence au début de la vie, lorsque les cellules se divisent pour créer des organismes, en l’occurrence des animaux, qui sont donc, en langage initié, des métazoaires (on y entend zoo, du grec : animal).

Les artistes, avec 4 étudiants des Beaux-Arts de Marseille, s’empareront du beau parc de Maison Blanche dans cette dynamique que relèvent les deux commissaires, celle de la nature qui répand le vivant telle « une profusion de ramifications sur le même niveau, [explorant] tout l’espace disponible ». Dans quel sens court l’évolution ?

excroissances

Jérôme Laurent, formé aux Beaux-Arts de Nice, réalise un bestiaire imaginaire. Il intègre ses pièces dans des écosystèmes : celui du parc marseillais saura accueillir ses créatures sculptées. Gaspard Combes (Arles) investit presque exclusivement l’espace public, qu’il soit naturel ou urbain. Une manière, souvent teintée d’humour, de défendre la démocratisation de l’art, offert à l’œil de tous les passants, en les interpellant sur la fugacité de l’existence. Hugo Bel (Toulouse) élabore des sculptures évolutives, avec des matières qui interagissent avec l’air et la lumière. Tout en fragilité, elles placent le visiteur devant des formes qu’on a le réflexe de vouloir protéger, observer. Ici aussi, l’idée d’impermanence est bien au cœur de la démarche de l’artiste. Bernard Murigneux (Lyon) crée des entités qu’il fiche entre les branches des arbres ; sortes d’excroissances à la fois inquiétantes et séductrices, des vaisseaux comme transportés là par un ouragan, des nids en plastique, des parures de plastique… Des matériaux d’emballage, abandonnés dans nos poubelles, sublimés en drôles d’organismes parasites. Valentin Martre (Marseille) remodèle des objets, trouvailles récoltées au gré de ses voyages, et invente des formes hybrides qu’il incruste dans des morceaux de nature : le tronc des arbres, parfois, comme cette Inclusion (insecte galvanisé en or incrusté dans une souche de platane), présentée en 2019 à la Galerie de la Scep. Alexandre Kato (Marseille) détourne les objets de sa double culture franco-japonaise, et questionne la notion d’exotisme.

Propositions multiples, qui se répondront dans l’espace du parc, s’opposeront, se découvriront, se désagrègeront peut-être… vivront leur vie de Métazoaires imaginaires.

ANNA ZISMAN
Mai 2021

Arts Éphémères
27 mai au 13 juin
Parc de Maison Blanche, Marseille
arts-ephemeres.fr

Photo : Gaspard Combes, Back now, Galerie de l’Essor © Gaspard Combes