Le festival de Danse Cannes s’élargit

La planète danse a rendez-vous à Cannes

• 29 novembre 2019⇒15 décembre 2019 •
Le festival de Danse Cannes s’élargit - Zibeline

Dirigé depuis 2015 par Brigitte Lefèvre, le Festival de Danse de Cannes fait peau neuve en affichant une nouvelle appellation : Festival de danse Cannes – Côte d’Azur France ; un périmètre élargi aux théâtres partenaires : Antibes, Nice, Carros, Grasse, Mougins, Draguignan ; une temporalité éclatée : du 29 novembre au 15 décembre. De quoi offrir à l’ancienne directrice de la danse à l’Opéra national de Paris l’opportunité de déployer ses coups de cœur pour tous les styles, les techniques et les formes de tous les continents. En témoigne une programmation ouverte sur le monde puisque, dit-elle, « la danse parle, au-delà des mots ».

La Suisse, avec Gil Roman, directeur artistique du Béjart Ballet Lausanne, ouvre les festivités avec sa dernière création Tous les hommes presque toujours s’imaginent, et un voyage en hommage à Béjart. Le Brésil affiche sa vitalité créatrice ardente avec l’une de ses compagnies les plus emblématiques, Sao Paulo Dance Company, et son interprétation d’Odisseia de Joëlle Bouvier. Venu de Russie, le Ballet Stanislavski fait son retour sur une scène française après 70 ans d’absence dans l’indémodable ballet Giselle. Les États-Unis, représentés par le James Sewell Ballet et sa proposition insolite tirée d’un film documentaire de Wiseman, Titicut Follies, à la croisée du cabaret berlinois et d’une pièce classique. Petit détour par la Guadeloupe avec la Cie Difé Kako dont le Cercle égal demi Cercle au carré forme un ensemble dynamique et nostalgique à la fois. L’Allemagne où Sasha Waltz assure la codirection du Berlin State Ballet quand elle ne crée pas la pièce Körper, « sans conteste l’un de ses chefs-d’œuvre » pour Brigitte Lefèvre. Et le Sénégal avec Amala Dianor qui, dans son nouvel opus The Falling Stardust, prouve son insatiable curiosité pour les entrechats, le hip hop et la danse contemporaine.

Confirmés ou émergents, en solos, en ballets ou en compagnies, régionaux ou nationaux, les artistes français affichent leurs singularités. Noé Soulier recrée pour le festival trois de ses pièces dont Le Royaume des ombres avec Vincent Chaillet, premier danseur de l’Opéra national de Paris. Frank Micheletti continue de danser sur un volcan dans Something is wrong tandis que Marion Lévy, dans Ma mère l’Oye, invite les musiciens de l’Orchestre de Cannes à danser avec les élèves-danseurs du Pôle national supérieur de danse Rosella Hightower. Direction À l’ouest en compagnie d’Olivia Grandville qui frotte sa propre culture avec celle des Amérindiens du Canada, puis lâcher prise avec Arthur Perole qui s’en donne à « corps » joie dans sa dernière création Ballroom ! Josette Baïz explore l’envers du décor en chorégraphiant une audition plus vraie que vraie (La Finale), quand Raphaël Cottin et Jean Guizerix dédient Parallèles à la mémoire de Wilfride Piollet et Éric Oberdorff fait du corps un palimpseste où se réactive la mémoire de la danse.

MARIE GODFRIN-GUIDICELLI
Novembre 2019

Festival de danse Cannes – Côte d’Azur France
29 novembre au 15 décembre
Divers lieux, Cannes, Carros, Antibes, Mougins, Draguignan

festivaldedanse-cannes.com

photographie : The Falling Stardust, Amala Dianor © Jeff Rabillon