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La saison 2016-2017 du Théâtre d’Arles

La pensée comme action

La saison 2016-2017 du Théâtre d’Arles - Zibeline

Au Théâtre d’Arles, saison après saison, Valérie Deulin, sa directrice, continue à dérouler le fil d’une humanité en quête d’amélioration, de pensée, de réflexions qui tentent de mobiliser et font se confronter différentes perceptions du monde. Outre les spectacles -qui aborderont les thèmes du statut des femmes dans la société, des transformations sociales et des luttes pour y arriver, du questionnement sur le rapport à l’individu, au collectif, et in fine à l’amour-, un cycle de conférences orchestrées par le philosophe et écrivain Jean-Paul Curnier questionnera le nous, le définissant et l’intégrant dans une « dimension collective et politique de la pensée comme action ».

Certaines représentations abordent directement le propos politique, philosophique, comme La Mort de Danton de Georges Büchner mis en scène par François Orsoni, qui traite du douloureux avènement de la République par le biais de l’engrenage de la violence et de la jouissance du pouvoir ; Sainte Jeanne des abattoirs de Brecht, que Marie Lamachère met en scène, interroge la valeur et le pouvoir de nos idées et nos représentations, passées et actuelles, des figures ouvrières ; ou Verein – À cent guerres de la paix dans le monde, une « utopie culinaire collective » mise en scène par Christophe Meierhans, interrogation capitale sur notre capacité d’ancrage dans le collectif via l’organisation démocratique d’un repas fait en commun sur le plateau… La figure de la femme est aussi très présente dans la programmation, avec des pièces puissantes et engagées : dans Legacy, la chorégraphe et danseuse ivoirienne Nadia Beugré rend hommage à des africaines, émancipatrices, qui ont lutté pour leurs droits et ceux des leurs ; avec Ottof, Bouchra Ouizguen poursuit son travail sur les Aïtas, chanteuses et danseuses populaires marocaines, et propose un spectacle, entre crudité, romantisme et liberté ; dans Hearing, pièce politique et joyeuse qu’il a écrite et mise en scène, Amir Reza Koohestani brave la censure iranienne en critiquant le système politique et social de son pays, tout en subtilité ; par le biais d’un ciné-club d’un genre nouveau, le Collectif Ildi ! Eldi questionne avec humour et pertinence le personnage féminin emblématique des films de la saga Alien, Ripley, et son rapport paradoxal à la maternité…

D’autres pépites sont à découvrir, parmi lesquelles les Lettres de non-motivation de Julien Prévieux qui prend le monde du travail à contre-pied avec un humour jouissif, en exprimant des refus très détaillés et circonstanciés à des offres d’emploi bien réelles ; la marionnette d’Élise Vigneron qui revisite le roman de Bauchau, Œdipe sur la route, pour en faire un Œdipe de glace, lequel fondra jusqu’à s’évaporer dans les brumes, et celle d’Alain Moreau inversant les codes et manipulant irrésistiblement son entourage Dans l’Atelier qui la façonne petit à petit ; Mickaël Phelippeau qui offre un parcours déambulatoire dans des appartements arlésiens après avoir passé quelques jours à l’intérieur, sans ses occupants, pour en restituer des portraits performés, fantasmés, imaginés…

Sans oublier le Temps fort des Cirques indisciplinés, à déguster jusqu’au 16 octobre !

DOMINIQUE MARÇON
Octobre 2016

Photo : Hearing Amir Reza Koohestani -c- Christophe Raynaud de Lage – Festival d’Avignon


Théâtre d’Arles
43 rue Jean Granaud
13200 Arles
04 90 52 51 55
www.theatre-arles.com