Le film, sélectionné au PRIMED, a obtenu le Prix à la diffusion France 3 Corse ViaStella

La MagnaniVu par Zibeline

• 29 novembre 2020 •
Le film, sélectionné au PRIMED,  a obtenu le Prix à la diffusion France 3 Corse ViaStella - Zibeline

Présenté dans la section Art, patrimoine et cultures de la Méditerranée du PriMed, le documentaire d’Enrico Cerasuolo, La Passion d’Anna Magnani, est un pur bijou. Qu’on le découvre, guidé par la voix amoureuse de son auteur, ou qu’on le revoie, c’est toujours avec le même plaisir et l’impression de connaitre un peu mieux cette actrice, cette artiste « affamée d’amour et de liberté », cette icône du néo réalisme, ce modèle de femme qui pour la première fois n’est pas modelée sur le désir masculin. « Au début, c’était ma curiosité de comprendre son génie et j’avais peur d’aller vers l’intime. Après, il me semblait que la femme et l’actrice marchaient ensemble », confie le réalisateur qui est tombé sous le charme de La Magnani en 2011 et y a consacré tout son temps durant deux ans. Sa rencontre avec Lucas Magnani, ce fils qu’elle a eu avec un bel acteur et qu’elle a élevé seule, a été fondamentale, lui ayant permis d’accéder au matériel privé de sa mère, d’entrer dans sa maison. Il a ainsi découvert une interview inédite faite à Anna par Oriana Fallaci, qui rythme le film. Ce n’est pas la seule de ce documentaire qui parcourt à la fois la vie, la carrière de la première actrice italienne à avoir obtenu un Oscar pour son rôle dans La Rose tatouée que Tennessee Williams, tombé amoureux de son talent, a écrit pour elle. Mais aussi l’Histoire du cinéma et du Monde. Extraits de films, archives inédites puisées dans les fonds de l’Institut Luce et de la RAI, témoignages de tous ceux qui ont compté dans sa vie, de Roberto Rossellini à Luchino Visconti, et qui la vénèrent. « Le travail avec elle était passionnant. Surtout lorsqu’elle arrivait fatiguée sur le plateau ! », déclare Jean Renoir. « Elle s’enfermait chez elle durant un mois, un mois et demi, pour travailler son rôle », se souvient Lucas Magnani. « Il fallait écouter Anna qui était une mine de répliques et de trouvailles avec une idée toutes les 2 minutes, reconnait Visconti. Federico Fellini se dit « impressionné ». Et tous ceux qui n’ont pas oublié son visage dans Rome, Ville Ouverte ou dans La voix humaine, son regard magnétique qui a donné la chair de poule à Mastroianni, sa voix rauque qui bouleverse, doivent absolument voir ce documentaire, qu’a réalisé avec passion Enrico Cerasuolo et que nous propose le PriMed, 

ANNIE GAVA
Novembre 2020

 

Photo : La Passion d’Anna Magnani d’Enrico Cerasuolo © Les Films du Poisson