La saison 2016-2017 de La Garance, scène nationale de Cavaillon

La Garance ose toutes les utopies

La saison 2016-2017 de La Garance, scène nationale de Cavaillon - Zibeline

La scène nationale de Cavaillon affiche 33 spectacles d’une programmation éclectique. Le festival Marionnettes en liberté sera le temps fort de la saison.

« La Garance, une fabrique d’utopies pour rêver et construire ensemble la société de demain » écrit Didier Le Corre. Pour sa troisième année à la tête de cet espace de diffusion et de création contemporaine, le directeur de la Garance réaffirme que la scène nationale est aussi « l’un de ces lieux d’ouverture et de questionnement » dont nous avons « grand besoin ».

Théâtre, musique, danse, le programme de la saison 2016-2017 relève ce défi. Spectres signe une rencontre entre la chorégraphe Josette Baïz et le Quatuor à cordes Béla (23 octobre), un duo impensable et pourtant bien réel de musiciens et de danseurs. L’artiste compagnonne Agnès Régolo met en scène la pièce de Jean-Luc Lagarce, Les règles du savoir-vivre dans la société moderne, une création pour deux représentations (8 et 9 novembre). «Naitre, ce n’est pas compliqué. Mourir, c’est très facile. Vivre, entre ces deux évènements, ce n’est pas nécessairement impossible » soutient l’auteur, volontairement optimiste.

Thomas Jolly et Marivaux

Après Quartier lointain, en 2015, Dorian Rossel transpose sur les planches une œuvre majeure du cinéma japonais. Le 22 novembre, l’artiste compagnon revisite le film Voyage à Tokyo, avec dans la distribution Yoshi Oïda. De théâtre, il sera à nouveau question le 6 décembre. Il est l’une des étoiles montantes du théâtre français. Shakespeare l’a propulsé : Henri VI, puis Richard III, et son feuilleton sur l’histoire du Festival à Avignon cet été a montré l’étendue de son talent, et de son énergie. À Cavaillon Thomas Jolly met en scène Marivaux, Arlequin poli par l’amour, qui conjugue insolence et liberté.

La Garance est également présent sur le territoire, avec ses coréalisations avec des scènes vauclusiennes et ses spectacles itinérants Nomade(s). Et ses engagements. L’histoire qui a commencé au « Village » à Cavaillon, lieu qui accueille des personnes en reconstruction, trouve l’un de ses aboutissements avec la soirée de sortie d’un premier album (16 décembre).

Cirque et marionnettes

La deuxième Biennale internationale des arts du cirque se déroule durant un mois à Marseille et dans plus de 20 villes de la région. Du 28 janvier au 1er février, la tribu Baro Evel plante son chapiteau dans la cité cavare. Femmes, hommes, animaux, les créations de cette compagnie oscillent entre « l’intime et l’exploit » mais suscitent toujours de l’émotion dans le public.

Les marionnettes sont d’abord Nomade(s) en février avec la compagnie Les Anges au Plafond, familiales en mars avec Martial Anton et Daniel Calvo Funes. Elles sont surtout Marionnettes en Liberté du 5 au 28 mai pour quatre spectacles, deux expositions et deux stages. « Le théâtre de marionnettes ouvre un espace trouble, fascinant, fantastique » selon la compagnie Anima Théâtre.

Oser toutes les utopies, celles des objets incarnés, du théâtre et du rapport au territoire, c’est le pari de Didier le Corre. En actes !

MATHIEU GENTILE
Septembre 2016

Photo : Rage, Cie Les Anges au plafond -c- Vincent Muteau