La Biennale Internationale des Arts du Cirque bat son plein

La BIAC, entre point de mire et point de vue

• 19 janvier 2019⇒5 février 2019 •
La Biennale Internationale des Arts du Cirque bat son plein - Zibeline

La Biennale Internationale des Arts du Cirque bat toujours son plein dans la métropole marseillaise, du côté du village chapiteaux installé sur les plages du Prado, et désormais aussi aux pieds des calanques, sur le site du Théâtre du Centaure. Le cirque se fraie aussi un passage vers les quartiers nord. Le Théâtre du Merlan accueille la compagnie Un loup pour l’homme, qui réinvente l’art du main-à-main. Dès 2005, son duo Appris par corps constituait un petit uppercut dans le monde de l’acrobatie, étudiant les relations duales de manière épurée, sur les riffs lancinants de Godspeed You! Black Emperor. Au fil des créations, le porteur Alexandre Fray a creusé le sillon de ses recherches. À la prouesse spectaculaire, il privilégie la monstration de figures géométriques créées par des corps mis sous contraintes de manière ludique, via des règles du jeu oscillant entre sport et théâtralité. Cinq acrobates le rejoignent sur le plateau de Rare Birds, sa nouvelle création. Son comparse originel, Frédéric Arsenault, a quant à lui rejoint les rangs de La Mondiale Générale. La compagnie avait inauguré son Sabordage lors de la précédente BIAC, en 2017. C’est la version longue du spectacle, Le Grand Sabordage, qu’accueille le Théâtre Massalia, pour frissonner de concert avec les artistes, et leurs déraisonnables défis lancés autour de quelques dérisoires planches de bois… La BIAC prend aussi le pouls de la création circassienne au féminin : le théâtre vertical de Mélissa von Vépy, les équilibres agencés par Raphaëlle Boitel, et des Princesses émancipées chez le Cheptel Aleikoum, qui ne craignent pas de se frotter au fakirisme. Mais le cirque, ce n’est pas que des actes : il se théorise aussi. Dans le cadre de ses excellentes Circonférences, le penseur Jean-Michel Guy partage le plateau avec Ludor Citrik, avatar au nez rouge de Cédric Paga, pour étudier l’art du clown en gestes et en mots. C’est aussi par les mots que Johann Le Guillerm, très remarqué lors de la BIAC 2017, se présente cette fois au public : en dissertant sur le Pas grand-chose, le circassien tente d’ordonner sa pensée, dévoilant les rouages d’une carrière passée à traquer la figure du point et son corollaire, le point de vue.

À noter qu’en marge des spectacles de la BIAC, un cycle de tables rondes est organisé sur plusieurs thématiques : le 23 janvier au FRAC (cirque au féminin), le 24 janvier à la Friche Belle de Mai (production et financement), le 25 janvier au village chapiteaux du Prado (formation), et le 27 janvier à la Friche Belle de Mai (lancement de l’ouvrage Poétiques de l’illusion, éditions Alternatives Théâtrales).

JULIE BORDENAVE
Janvier 2019

Photo: Rare Birds, Cie Un Loup pour l’Homme c Slimane Brahimi

biennale-cirque.com