La saison 2019-2020 de Klap Maison pour la danse à Marseille

Klap sans fin

La saison 2019-2020 de Klap Maison pour la danse à Marseille - Zibeline

Les invités de Michel Kelemenis dansent autant qu’ils questionnent le monde.

Ouverte avec la séquence Question de danse, la saison de Klap Maison pour la danse se poursuit à un rythme effréné jusqu’à la fin mai, accueillant une quinzaine de créations. Avec un tarif unique plus qu’attractif de 5 euros par spectacle, la structure dirigée par Michel Kelemenis et installée dans le quartier le plus pauvre de la deuxième ville de France ne dévie pas de son ambition de démocratiser et populariser l’accès aux écritures chorégraphiques contemporaines.

Conçu à partir de recherches sur le voguing et la tarentelle, Ballroom d’Arthur Perole questionne la force de rassemblement du groupe. Avec Lemon Island, Laurence Maillot retrace son parcours d’exilée de l’Île de la Réunion et expérimente une danse exutoire de résistance et d’endurance. Dans Iskanderia Leh ? (Alexandrie pourquoi ?), la compagnie marseillaise Ex Nihilo élabore un rapport poétique à l’étrangeté, entre danse, mots et images. Klap ouvre ses portes à deux spectacles venus du Moyen-Orient, programmés dans le cadre des Rencontres à l’échelle : A universe not made for us de Yalda Younes et Khyam Allami, ainsi que Night d’Ali Chahrour.

En famille

De nombreux spectacles peuvent être découverts en famille. Celui de Jann Gallois qui, avec Compact, développe la figure du contact extrême et permanent, dans une recherche de mouvement mêlant hip-hop et danse contemporaine. Vivace, d’Alban Richard qui s’empare lui des notions de vitalité, de persistance et des stratégies à adopter pour évoluer dans un patchwork musical de rythmes pop, baroque et électro. Rock & Goal de Michel Kelemenis lui-même ou la joyeuse épopée d’un sportif qui devient danseur. Le voyage de Roméo, de Sylvie Pabiot, narre le parcours initiatique d’un jeune Ivoirien qui tente l’aventure héroïque de l’exil en quête de nouveaux espoirs.

Sur une partition géométrique sans cesse renouvelée, Olivier Dubois, avec Tropismes, transforme la scène en une électrisante piste de boîte de nuit. Dans un laboratoire artistique où s’entremêlent danse, marionnette et arts numériques, Solo Capture de Michaël Cros invite à observer du vivant, de l’inerte, du primate, de l’humain. La lisboète Tânia Carvalho joue habilement de sa propre pluridisciplinarité pour faire d’Oneironaut une expérience spatio-temporelle offerte à la liberté.

+ de genres

Avec la Partita en ré mineur BWV 1004 de Bach comme support d’exploration des relations de la musique et des rythmes du mouvement, Yuval Pick développe un langage orchestral, en dialogue constant avec la matière sonore. Le Toulonnais Sébastien Ly s’invite pour un doublé : exploration des relations du corps et de l’habitat dans Nhà et prise de conscience individuelle face aux urgences contemporaines et collectives pour Now. Rendez-vous marseillais désormais incontournable de la culture queer avant-gardiste, le festival + de genres déroule pas moins de onze propositions durant le mois de mars. Entre danse, performance et installation dont plusieurs premières en France.

LUDOVIC TOMAS
Septembre 2019

Photo : Compact, Jann Gallois -c- Laurent Paillier


Klap
Maison pour la Danse
5 rue du Petit Versailles
13003 Marseille
04 96 11 11 20
http://www.kelemenis.fr/