La programmation annuelle de Montpellier Danse et ses projets d'envergure

Incertain équilibre

• 7 novembre 2017⇒8 novembre 2017 •
La programmation annuelle de Montpellier Danse et ses projets d'envergure - Zibeline

Jean-Paul Montanari est content : alors qu’il dirige le festival Montpellier Danse « depuis des décennies », avec beaucoup de hauts et un peu de plus bas, celui de l’été dernier était « extraordinaire en terme de public, revenu massivement ». De quoi attaquer une saison 17/18 avec confiance, et initier des projets d’envergure.

Il y a bien en effet une différence entre ce qui est proposé lors du festival, et tout au long des saisons du même nom. L’été, la programmation crée un mouvement qui participerait « à l’histoire de cet art » (traduire : confirmer des talents ?) ; pendant l’année, elle est plutôt le résultat de « collages entre amours, complicités, proximités » (traduire : s’émanciper du consensus et répondre à son instinct ?).

Complicité avec Rodrigo Garcia, directeur d’hTh en fin de mandat, dont le départ est « très regretté » : après la Danse de nuit de Boris Charmatz présentée tout début octobre, deux artistes sont accueillis en collaboration avec la scène nationale. Jan Fabre et sa nouvelle création pour une première date en France, Belgium rules, 3 h 30 (une paille, après les 24 heures de Mount Olympus offert à La Villette récemment) de sculpture humaine, scrutation des affects, vision surréaliste de son pays natal, à travers les yeux de ce « guerrier de la beauté », comme il aime à se définir lui-même.

Raymund Hoghe, compagnon au long cours de Montpellier danse, revient cette année avec une reprise de Lettere amorose, spectacle créé en 1999 inspiré d’une lettre écrite par deux jeunes migrants retrouvés morts dans les ailes de l’avion dont ils espéraient qu’il serait leur sésame pour l’Europe. Toujours violemment d’actualité, cette tragédie se poursuit, et le chorégraphe s’empare aujourd’hui de 5 lettres d’amour échappées de la barbarie de l’exil. Il y aura aussi La Valse, création à partir de la composition de Ravel, où il dit souhaiter « poursuivre [sa] confrontation avec les œuvres marquantes de l’histoire de la danse et de la musique ».

Fabrice Ramalingom, artiste associé à l’Agora – Cité internationale de la danse pour 2018, grand complice lui aussi, ancien danseur de Bagouet, fait partie depuis toujours de la belle aventure de Montpellier avec la danse contemporaine. Il est aujourd’hui l’un de ceux qui, au retour de ses tournées internationales, rapporte au programmateur de Montpellier danse des effluves de ce qui se danse autour du monde. Il proposera une adaptation de son spectacle My Pogo (2012), en My (petit) Pogo, réflexion sur le vivre ensemble et l’intégration destinée spécifiquement au jeune public.

Les femmes chorégraphes ont bien du mal à s’imposer parmi les choix de cœur de cette saison : seule Blanca Li, qu’on voit partout cette année, viendra présenter son Solstice, dédié à la nature ; déséquilibre sur le plateau de la danse contemporaine.

ANNA ZISMAN
Octobre 2017

Photo : Monchichi © Christopher Duggan

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AU PROGRAMME DU MOIS :

7 & 8 novembre : Monchichi
Honji Wang et Sébastien Ramirez viennent pour la première fois à Montpellier présenter leur duo fondateur (2011). Entre hip-hop et Tanztheater, ils nous racontent leur couple et inventent un nouveau langage.

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