La scène nationale Châteauvallon-Liberté accueille le festival Danse, danse, danse !

Incarner nos ébullitionsVu par Zibeline

• 23 janvier 2022⇒3 février 2022 •
La scène nationale Châteauvallon-Liberté accueille le festival Danse, danse, danse ! - Zibeline

Pour cette nouvelle édition de Danse, danse, danse ! à Châteauvallon-Liberté, de grands chorégraphes de la région Sud livrent leur vision d’un monde en mutation.

Entre auscultation d’un monde en plein désarroi et avènement d’un ordre nouveau, incarnation de nos désordres et conjuration de nos tourments intimes, la danse se fait révélatrice des préoccupations d’une époque, pour les chorégraphes conviés à Ollioules et Toulon. Certains explorent la notion de déclin de l’environnement, à l’instar de Michel Kelemenis : au sortir de la grotte, quatre danseurs jouent l’ambivalence d’une humanité triomphante. Sur le Carnaval des animaux réinterprété par le compositeur électro Angelo Liaros-Copola, les danseurs convoquent le bestiaire disparu (Légende, le 25 janvier à Châteauvallon). Le lendemain, c’est la puissance du feu qui inspire Romain Bertet : éprouvant la fusion qui préside à la transformation, un duo danse l’imaginaire de la flamme, entre exaltation et incandescence (Alchimie, les 26 et 27 janvier au Liberté). Avec La cinquième saison, Christian Ubl revisite quant à lui le rite du carnaval, ses inversions, mascarades au sens propre du terme -public comme danseurs avancent masqués-, inspiré notamment par les peintures de Brueghel (le 28 janvier à Châteauvallon) : 7 danseurs et 3 musiciens pour célébrer la fête et ses débordements, l’excès et la déraison, en des temps où le rassemblement devient suspect. 

Éternels tourments
D’autres créations convient nos tourments personnels au plateau. Avec Nos corps vivants, Arthur Perole creuse le sillon de l’intime. Au cœur d’une scénographie circulaire, le danseur expose dans ce nouveau solo ses mondes intérieurs, forcément multiples, dans un dispositif nu et à vue, ne reniant pas l’erreur volontaire, la mise en scène du bug et de la répétition (le 29 janvier au Liberté). Plus léger, Emanuel Gat surjoue l’exaltation : 14 danseurs incarnent l’univers sonore du groupe pop des années 80 Tears for Fears, dans une comédie musicale baignée doptimisme (Lovetrain 2020, les 1er et 2 février au Liberté). Enfin, les générations se mêlent, entre bilan et prospectives. Pour « top », Régine Chopinot dirige 7 jeunes talents, puisant dans l’énergie d’une danse brute établie sur l’improvisation, résultat de recherches menées depuis 2019 à la MC 93 de Bobigny (le 27 janvier au Liberté). Comme en écho, Tayeb Benamara et Miguel Nosibor, issus de la première génération de danseurs hip hop, rendent un hommage aux débuts de leur discipline, retraçant 35 ans de parcours (Récidive, les 2 et 3 février à Châteauvallon). Enfin, avec Dividus, Nacim Battou explore la dystopie d’un futur proche, sans mémoire et sans culture. Sur une scène d’une blancheur clinique, le mouvement est le seul témoin de notre passé, seul vecteur de notre humanité (le 3 février à Châteauvallon). 

JULIE BORDENAVE
Janvier 2022

Danse danse danse !
25 janvier au 3 février
Châteauvallon-Liberté, scène nationale, Ollioules et Toulon
09 800 840 40 chateauvallon-liberte.fr 

Photo : Lovetrain 2020 © Julia Gat

Châteauvallon – Scène nationale
795, chemin de Châteauvallon
BP 118
83192 Ollioules cedex
04 94 22 02 02
www.chateauvallon.com