Le Festival Flamenco de Nîmes concentré sur quatre belles soirées, du 8 au 16 janvier

Flamenquito !

• 8 janvier 2021⇒16 janvier 2021 •
Le Festival Flamenco de Nîmes concentré sur quatre belles soirées, du 8 au 16 janvier - Zibeline

Rocío Molina, Pedro El Granaíno, RomeroMartín, María José Llergo et Rafael Riqueni sont les invités d’un Festival Flamenco nîmois drastiquement raccourci.

Après une trentième édition haute en couleur, celle de 2021 paraît presque symbolique. Réduite à quatre soirées, elle existe « pour maintenir et entretenir la flamme », justifie François Noël, directeur du festival de flamenco et du théâtre de Nîmes, et « soucieux de protéger artistes, équipes et public », au moment où les théâtres déborderont pourtant de propositions pour compenser la frustration pandémique. Cette flamme flamenca brillera toutefois de manière intense et condensée avec une danseuse transgressive devenue incontournable, un cantaor de jondo dans la plus pure tradition, de jeunes pépites hybrides représentants du Nuevo flamenco et un guitariste virtuose.

On ne compte plus les passages de Rocío Molina sur le plancher nîmois. Difficile de faire autrement. Elle est, avec son aîné Israel Galván, la créatrice la plus captivante dans l’art chorégraphique actuel. L’Andalouse ouvrira le bal (les 8 et 9 janvier) avec Al fondo riela (Lo otro de Uno), le deuxième volet de sa Trilogía sobre la guitarra. Molina poursuit son travail d’exploration de la dualité avec l’instrument emblématique du flamenco. Elle invite les musiciens Eduardo Trassierra et Yarai Cortes dans un jeu de miroir basé sur l’écoute de l’autre, le dialogue du corps avec les cordes, l’harmonie entre mouvement et sonorité. On se souvient du duo envoûtant que la danseuse a formé, l’année dernière, avec le maestro Rafael Riqueni. Le guitariste sévillan, réputé pour ses sonorités d’une autre époque, revient (le 16) pour présenter son album Herencia, entouré de ses comparses Joselito Acedo et Manuel de la Luz, sous la direction artistique de Paco Bech. Avec son dernier opus, le musicien livre une œuvre complexe, raffinée et résolument moderne, à la croisée du flamenco et de la musique classique.

Issu d’une famille gitane de Grenade, Pedro El Granaíno (le 12) est né avec le chant. Sa voix voilée de plaintes obscures, sa force et son charisme en ont fait l’un des chanteurs parmi les plus sollicités de la scène flamenco. Nîmes ne pouvait s’en détourner. Il émane de Granaíno jondo, son œuvre la plus classique qu’il offre ici, l’arôme de Camarón de la Isla, Tomás Pavón ou encore Enrique Morente. Depuis quelques années, la Smac Paloma ouvre ses portes au festival en accueillant généralement les propositions les plus actuelles, parfois déroutantes. C’est encore le cas avec le double plateau réunissant RomeroMartín et María José Llergo. Les premiers, duo masculin composé d’un chanteur à l’origine classique et d’un producteur DJ, offrent une fusion entre cante jondo et nappes électroniques, qui portent des textes de poètes homosexuels. La seconde est annoncée comme une belle promesse dans le sillage de Rosalia ou Rocío Márquez. Suffisant pour nous rendre impatients.

LUDOVIC TOMAS
Décembre 2020

Festival Flamenco
8 au 16 janvier
Théâtre Bernadette Lafont et Paloma, Nîmes

Cette édition est dédiée à un compagnon de route depuis les origines du festival et récemment disparu : l’écrivain et journaliste nîmois Jacques Maigne.

Photo : Pedro El Granaino – Granaino Jondo © X-D.R

Théâtre Bernadette Lafont
1 Place de la Calade
30000 Nîmes
04 66 36 65 00
theatredenimes.com