L'audace de la jeune création au Festival Flamenco de Nîmes

Flamenco d’époque

• 13 janvier 2022⇒22 janvier 2022 •
L'audace de la jeune création au Festival Flamenco de Nîmes - Zibeline

Le Festival Flamenco de Nîmes est de retour avec une ligne plus que jamais actuelle et osée.

Quelques reports de 2021 et une majorité de propositions nouvelles. La programmation du Festival Flamenco de Nîmes a le mérite de l’audace. Une audace qui finit toujours par attirer la curiosité y compris des gardiens du temple. Et parfois même par convaincre ces derniers d’une certaine filiation entre la jeune génération qui s’affranchit des codes et les familles d’artistes qui ont marqué de leur style les différentes disciplines de cet art toujours bien vivant. Parmi celles et ceux dont Nîmes accompagne la montée en puissance des carrières, on retrouve cette année trois étoiles de la danse, du chant et de la guitare. Rocío Molina revient avec Al Fondo Riela (13 et 14 janvier) deuxième volet de sa Trilogía sobre la guitarra. La chorégraphe andalouse poursuit son travail exploratoire sur l’expressivité de la guitare sous la forme d’un dialogue en miroir entre celle qui danse et celui qui joue. Elle avait convié à ses côtés en 2019 Rafael Riqueni, ce seront cette fois Eduardo Trassierra et Yerai Cortés. Après Arles et Marseille, Rocío Márquez présente à Nîmes sa dernière création Visto en el Jueves (21 janvier). Un projet mémoriel né dans le bric-à-brac bouillonnant du marché aux puces historique de Séville où elle a déniché ces chants flamenco et airs populaires qu’elle transcende par son interprétation puissante et d’une palette émotionnelle incroyable. Elle partage l’affiche avec le duo RomeroMartín, rencontre inattendue entre cante et musique électronique et véritable ode à la liberté amoureuse autour de textes de poètes homosexuels. C’est le guitariste Dani de Morón qui clôture le festival avec une carte blanche (22 janvier). Éblouissant de technique, le musicien a notamment collaboré avec le maître Paco de Lucía.

Récemment nommé directeur de la Biennale de flamenco de Séville, le conseiller à la programmation nîmoise Chema Blanco ne peut être plus au centre de la planète flamenca, scrutant les valeurs sûres comme l’avant-garde émergente dont il accueille désormais des résidences. L’invitation faite à la danseuse britannique afro-descendante et dénudée sur scène Yinka Esi Graves (15 janvier), aux sœurs jumelles chiliennes Florencia O’Z, l’une danseuse l’autre violoncelliste (20), à Leonor Leal et Antonio Moreno, autre tandem contemporain de danse et musique (21), ou à la première internationale du protéiforme Los Cuerpos Celestes (19), création de Marco Vargas & Chloé Brûlé montre à quel point Nîmes devient le rendez-vous incontournable en France de la nouvelle scène flamenco internationale. Que les plus réservé·e·s sur ces évolutions se rassurent, le festival gardois n’en néglige pas pour autant les formes plus académiques. C’est le cas avec l’hommage à Lorca par le Ballet Flamenco de Andalucía (18 janvier), la figure du chant Inés Bacán (20) ou le cantaor Pedro El Granaíno (15), synthèse moderne entre les univers de Camaron et Enrique Morente.

LUDOVIC TOMAS
Décembre 2021

Festival Flamenco
13 au 22 janvier
Divers lieux, Nîmes
04 66 36 65 00 theatredenimes.com

Photo : Rocío Molina © Pilar Lozano Iglesias