La 15e édition du festival Films Femmes Méditerranée sera maintenue en ligne

FFM ne faiblit pasVu par Zibeline

• 20 novembre 2020⇒27 novembre 2020 •
La 15e édition du festival Films Femmes Méditerranée sera maintenue en ligne - Zibeline

Face à l’impossibilité de conserver ses séances dans ses salles partenaires (Variétés, Alhambra, Baleine, Vidéodrome 2), le festival mettra à disposition du public une partie de sa programmation 2020 en ligne. De la trentaine de métrages sélectionnés, neuf (sept documentaires et deux fictions) seront ainsi accessibles sur le site du festival, du 20 au 27 novembre. Parvenant à nous emmener aux quatre coins du monde, et partageant un thème commun, celui de l’utopie.

Ce fil rouge s’illustre ainsi dans A Fish Tale, d’Emmanuelle Meyer, dans lequel le personnage de Johnny, émigré en Israël, rêve de rentrer dans son Ghana natal pour y développer la pisciculture. Est-on plus heureux dans un pays développé ? semble nous demander le film. Daraya, la bibliothèque sous les bombes de Delphine Minoui et Bruno Joucla illustre le combat de trois amis ramassant des livres dans les décombres de Damas pour bâtir une bibliothèque clandestine. Le film ukrainien The Earth is Blue as an Orange d’Iryna Tsilyk, primé à Sundance, met lui en scène une famille qui fait de son quotidien traumatique sous les bombes le sujet d’un film amateur. Une réflexion profonde sur le rôle de l’art en temps de guerre. Leila Kilani dépeint dans Tanger, le rêve des brûleurs, ces Africains candidats à l’émigration vers l’Europe, prêts à « brûler » leur identité et leur vie. Ils s’amassent à Tanger pour passer de l’autre côté du détroit de Gibraltar. Le film date de 2002 mais les enjeux restent, hélas, très contemporains. The Lebanese Rocket Society, de Joana Hadjithomas et Khalil Joreige, revient quant à lui sur les recherches oubliées d’un professeur de mathématiques libanais et de ses étudiants qui ont, dans les années 60, lancé un programme spatial expérimental et surtout pacifique malgré la Guerre des Six Jours. Un moment marquant de l’histoire du pays mais tombé aux oubliettes et ressuscité par l’équipe des réalisateurs.

Fantasme et réalité

Jo Schmeiser interroge de nombreuses femmes engagées d’aujourd’hui et rapproche leurs luttes de celles d’hier dans Moments of Resistance : le film évoque de nombreux combats, face au patriarcat ou au racisme. Enfin, Gli appunti di Anna Azzori / Uno specchio che viaggia nel tempo de Constanze Ruhm revient sur la genèse d’un documentaire des années 70 et sur l’objectification sadique par son réalisateur Alberto Grifi de son sujet Anna, jeune romaine toxicomane et enceinte.

Du côté des fictions, La Rivière sans repos de la Québécoise Marie-Hélène Cousineau et de Madeline Ivalu s’inspire du roman éponyme de Gabrielle Roy. Il suit le parcours fascinant d’Elsa, jeune femme inuite face à l’adversité, la tradition et la modernité. Simple Women se concentre sur le personnage de Federica, une réalisatrice épileptique comme Chiara Malta. Et comme Chiara Malta, son personnage expérimente brutalement l’écart entre fantasme et réalité en rencontrant son idole, l’actrice Elina Löwensohn, dont le personnage subissait une crise dans le Simple Men de Hal Hartley.

PAUL CANESSA
Novembre 2020

Films Femmes Méditerranée
Du 20 au 27 novembre
à voir en ligne sur films-femmes-med.org

Photo : The Earth is Blue as an Orange © Moonmakers