Le Festival d'Aix-en-Provence, riche et éclectique, du 2 au 24 juillet

Festival d’Aix-en-Provence

• 2 juillet 2014⇒24 juillet 2014 •
   Le Festival d'Aix-en-Provence, riche et éclectique, du 2 au 24 juillet - Zibeline

La prestigieuse manifestation, dirigée par Bernard Foccroulle, se tient depuis tant de lustres dans la cité provençale qu’on a même cessé de les compter ! Peu à peu, celui qui avait pris la suite de Stéphane Lissner, en 2007, dans le périlleux rôle d’ordonnancier de l’un des grands rendez-vous mondiaux de la musique classique, et de l’art lyrique en particulier, a imposé sa pâte, son style, tout en suivant des sillons tracés. Peut-être moins «tapageur» que son prédécesseur, musicien lui-même, Bernard Foccroulle est davantage tourné vers le monde baroque. Il revendique un ancrage plus solide dans la région, ses structures, ses talents, ses publics et acteurs de demain, s’appuie sur le travail en constant développement de l’Académie Européenne de Musique, formidable vivier de jeunes artistes… Le préambule, «Aix en juin» est une réussite et s’articule de mieux en mieux avec la programmation de juillet. C’est une installation sonore, moderne et surprenante de Benjamin Dupé Fantôme (…), un «concert-spectacle en immersion», qui sert de charnière, durant dix jours, aux deux volets du Festival (voir chronique ici).

Mozart toujours à l’honneur

On respecte la tradition aixoise en honorant Mozart, et en particulier son opéra chef-d’œuvre : La Flûte enchantée (1791). Cette fable rare, possède de nombreux axes de lecture : de la féerie enfantine, à la philosophie des Lumières, de la sagesse, du pouvoir et des relations homme-femme, de la condition humaine, du couple et du triomphe possible de l’Amour, de la pulsion et du désir, de la raison et des épreuves… C’est un monument auquel s’attaque Simon McBurney avec une mise en scène retrouvant «la magie des féeries théâtrales à travers son utilisation toujours poétique de la technologie et sa lecture approfondie d’un livret qui touche à l’universalité par son hétérogénéité même». Au Grand-Théâtre de Provence, Pablo Heras-Casado dirige les instruments anciens du Freiburger Barockorchester, un beau plateau de chanteurs comprenant le ténor Stanislas de Barbeyrac (Tamino) ainsi que la soprano Mari Eriksmoen (Pamina), «ancienne» artiste de l’Académie Européenne de Musique.

Haendel et Rossini

Deux autres opéras «classiques» sont annoncés au Théâtre de l’Archevêché, ou plus exactement l’un «baroque» avec Ariodante (1735) et l’autre quasi «romantique» : Il Turco in Italia (1814). Le maestro Andrea Marcon est entouré de quelques divas rompues aux œuvres du XVIIIe siècle (Sarah Connolly, Patricia Petibon, Sandrine Piau…) qui chantent un livret chevaleresque, lunaire et amoureux, tiré de l’Arioste (Orlando furioso). Une perfection musicale mise en scène par Richard Jones !

On fait aussi appel à Marc Minkowski et aux Musiciens du Louvre Grenoble pour assurer la verve orientaliste de Rossini. Christopher Alden met en scène son opéra-bouffe empreint de folies et de vocalises en guirlandes lancées par la soprano Olga Peretyatko.

Schubert et Bach

Le baryton Matthias Goerne chante le cycle Die Winterreise (Le voyage d’hiver), triomphe intime et profond du romantisme germanique sur des poèmes de Heine. Au nouveau Conservatoire Darius Milhaud, William Kentridge imagine une scénographie autour des célèbres vingt-quatre Lieder. Ce sont aussi Katie Mitchell (mise en scène) et Raphaël Pichon (direction musicale) qui imaginent, au Théâtre du Jeu de Paume, en partenariat avec l’Académie Européenne de Musique, un spectacle autour de la théâtralité des Cantates de Bach : Trauernacht.

Des concerts…

Autour des productions lyriques s’articulent une vingtaine de concerts dont le premier est donné en hommage à Patrice Chéreau par l’Orchestre de Paris et la grande mezzo-soprano Waltraud Meier dirigés par Paavo Järvi (5 juillet). On entend ensuite des formations et musiciens de haut-vol, la «cheville» symphonique du festival 2014 le Freiburger Barockorchester, Jean-Guihen Queyras au violoncelle, Alexandre Tharaud au piano… L’ensemble Modern interprète des opus de Manfred Trojahn créés sur des poèmes de René Char et chantés par la soprano Sabine Devieilhe (13 juillet). Une grande soirée présente, pour l’année Rameau, sa tragédie lyrique Les Boréades (créée à Aix en 1982) en version de concert, avec Julie Fuchs et les Musiciens du Louvre Grenoble dirigés par Marc Minkowski (18 juillet). Le festival s’achève avec un beau programme de l’Orchestre des Jeunes de la Méditerranée dirigé par Alain Altinoglu (24 juillet).

JACQUES FRESCHEL
Juin 2014

Festival d’Aix
du 2 au 24 juillet
Aix-en-Provence
Aix en juin (voir Zib’74)
0820 922 923
www.festival-aix.com

Photo : La Flûte enchantée – De Nederlandse Opera © Clarchen & Matthias Baus 


Festival International d’Art Lyrique d’Aix en Provence
0820 922 923
http://www.festival-aix.com/


Grand Théâtre de Provence
380 Avenue Max Juvénal
13100 Aix-en-Provence
08 2013 2013
http://www.lestheatres.net

Théâtre du jeu de Paume
17, 21 rue de l’Opéra
13100 Aix-en-Provence
08 2013 2013
http://www.lestheatres.net/