Les 10è Rencontres Films Femmes Méditerranée invitent à découvrir un cinéma du Sud au féminin

Femmes à suivre

• 6 octobre 2015⇒25 octobre 2015 •
 Les 10è Rencontres Films Femmes Méditerranée invitent à découvrir un cinéma du Sud au féminin - Zibeline

Un espace nu, saturé de lumière, comme une arène. Accompagnée par son ombre, une femme en robe rouge marche. Toute petite. Vivante, vibrante. L’affiche des Rencontres Films Femmes Méditerranée réalisée à partir d’une photo d’Ana di Prospero, nous invite à la suivre. Et, dans son sillage, les organisatrices et réalisatrices de cette 10e édition.

Du 6 au 25 octobre à Marseille, Martigues, Hyères et La Ciotat, une trentaine de films, courts ou longs, fictions ou doc, venus de 15 pays d’une Méditerranée élargie à l’Iran et à la Géorgie, seront projetés, souvent pour la première fois en PACA. Il y sera question, entre autres, d’émancipation et de rock au féminin (À peine j’ouvre les yeux de Leila Bouzid), de l’organisation d’un concert arraché à la barbe des intégristes qui interdisent aux Iraniennes de chanter sur scène (No Land’s Song de Sara Najafi), d’une vampire-amoureuse, en rollers et tchador, sillonnant un Iran underground (A girl walks home alone at night d’Ana Lily Amirpour). Il y sera question aussi des milliers de migrants sans sépulture entre Afrique et Europe (Les Messagers d’Hélène Crouzillat et Lætitia Tura). Du choix difficile de quitter son pays même en guerre (Haunted/Maskoon de Liwaa Yazji). D’une fille-courage qui, à quinze ans, s’occupe de sa fratrie en Roumanie tandis que la mère travaille en Italie (Waiting for august de Teodora Ana Mihai).

Temps forts de ces Rencontres 2015 : deux débats. Le 8 oct, à l’Alcazar, l’impact des feuilletons télévisés populaires : À quoi rêvent les méditerranéennes devant les séries turques ? avec Kismet de Nina Maria Paschalidou. Le 10 oct, à la Villa Méditerranée, une réflexion, De l’exil à l’enracinement, d’autres possibles avec le maire de Riace, à partir du doc de Shu Aïllo et Catherine Catella sur ce village de Calabre revivifié par le flux migratoire.

Rendez-vous le 9 oct aux Variétés pour une longue nuit conviviale : 13 en Courts, compétition de courts métrages.

Du 11 au 18 oct, on pourra réentendre «la voix de violoncelle» de Delphine Seyrig, actrice et réalisatrice militante, à qui FFM, en partenariat avec le MuCEM, rend hommage. Chantal Akerman est attendue pour l’occasion.

Ouverture espagnole le 6 oct aux Variétés avec Todos estan muertos, premier film de Beatriz Sanchis où une ex-star du rock recluse, affronte ses fantômes. Clôture baroque et italienne le 18 oct au Prado avec un concert de Antequiem et une autre opera prima : Vierge sous serment de Laura Bispuri. Le récit de la libération progressive d’une de ces femmes autorisées suivant une tradition albanaise à vivre comme des hommes à la condition de renoncer à leur féminité.

Sans oublier, une master class sur la «fabrique» des films par la Géorgienne Salomé Alexi et la  Turque Emine Emel Balci, en partenariat avec la Région PACA.

Du mouvement, de la lumière, de la musique, des larmes et des rires. Ça pourrait définir le cinéma aussi bien que la vie dans l’énergie renouvelée des combats !

ELISE PADOVANI
Septembre 2015

Rencontres Films Femmes Méditerranée
du 6 au 25 octobre
Marseille
, Martigues, Hyères et La Ciotat
www.films-femmes-med.org

Photo : Todos estan muertos de Béatriz Sanchis (c) Avalon Disribucion Audiovisual