Le Printemps du film engagé de retour sur les écrans marseillais après l'interruption « sanitaire »

Faire ensemble

• 18 mars 2022⇒26 mars 2022 •
Le Printemps du film engagé de retour sur les écrans marseillais après l'interruption « sanitaire » - Zibeline

La 6e édition du Printemps du film engagé se pose la juste question de notre XXIe siècle en voie de durcissement : Comment faire collectif ?. Une thématique qui devrait tous nous occuper alors que plane la menace d’une guerre mondiale, que l’urgence climatique et la chute du vivant sont encore repoussées à l’arrière-plan, tandis qu’en France les élections présidentielles, phagocytées par les idées d’extrême-droite, risquent d’amplifier les effets dévastateurs du néo-libéralisme. Au premier rang desquels la multiplication des inégalités et la perte de nos libertés. Pouvoir réfléchir à tout cela en faisant une pause dans l’actualité frénétique est donc bienvenu. Cela tombe bien, le festival marseillais est marrainé cette année par l’historienne Mathilde Larrère, spécialiste des mouvements révolutionnaires et du maintien de l’ordre en France au XIXᵉ siècle, co-auteure de L’histoire comme émancipation (Agone éditeur, 2019). Féministe, elle a aussi signé Rage against the machisme en 2020 aux Éditions du Détour, et enflamme Twitter avec ses mises au point historiques.

Au programme

Chaque soir, du 18 au 26 mars, divers lieux accueilleront des projections de fictions ou documentaires, suivies d’un débat et précédées d’un court métrage réalisé par PrimiTivi, « téloche de rue » de la cité phocéenne. La manifestation débutera par trois soirées au cinéma Le Gyptis. En ouverture, le nouveau film de Régis Sauder, dont nous suivons attentivement le travail chez Zibeline, sera projeté en avant-première et en présence du réalisateur : En nous tourne sa caméra vers les anciens élèves d’une professeure de français, dans les quartiers Nord de Marseille, qui tentent de prendre place dans une société dont la devise -Liberté, Égalité, Fraternité- ressemble de plus en plus à un camouflet. Le 19 mars, le fameux documentaire Media Crash, sur la manipulation de l’opinion par les médias dominants (Valentine Oberti et Luc Hermann, 2022), donnera lieu à un échange avec le journaliste de Mediapart Mathieu Manaudeix et Michel Gairaud du Ravi. Le dimanche 20, petits et grands prendront plaisir à regarder Le mécano de la générale, film culte d’un Buster Keaton pris dans la guerre de Sécession, en ciné-concert avec les musiciens du Philharmonique de la Roquette. La jeunesse sera carrément invitée sur scène le lendemain : des collégiens et lycéens débattront des combats pour la justice climatique dans la foulée de I’m Greta, documentaire de Nathan Grossman sur l’activiste suédoise, aux Variétés.

S’ensuivront à la Casa Consolat Minga voix de résistance (Pauline Dutron et Damien Charles, 2019), luttes paysannes en Amérique Latine ; à L’Alcazar La bataille de La Plaine, menée par les marseillais contre la gentrification (Sandra Ach, Nicolas Burlaud, Thomas Hakenholz, 2020) ; au Vidéodrome2 Le petit soldat tourné par Godard en 1963, suivi d’un débat sur la guerre d’Algérie et la décolonisation ; et à La Baleine Retour à Reims, en avant-première, l’adaptation d’un récit du sociologue Didier Eribon par Jean-Gabriel Périot, sur l’histoire politique des ouvriers de France (en présence du réalisateur).

Le Printemps du film engagé s’achèvera le 26 mars à L’Alhambra, sur Hacking justice (Clara Lopes Rubio et Juan Pancorbo, 2017). Centré sur Julian Assange, alors qu’il est toujours dans l’incertitude de son sort et dans un état de santé très alarmant, le documentaire donnera l’occasion d’un débat sur la liberté d’information, avec Joël Gombin (Datactivist) et Jean-François Poupelin (Le Ravi).

GAËLLE CLOAREC
Mars 2022

Printemps du film engagé
Divers lieux, Marseille
18 au 26 mars
printempsfilmengage.fr

Illustration : détail de l’affiche de La bataille de La Plaine -c- Sandra Ach, Nicolas Burlaud, Thomas Hakenholz