Encore, Encore, le dernier né des festivals électro, à Correns

Encore Encore, un nouveau festival à Correns

• 28 août 2020⇒30 août 2020 •
Encore, Encore, le dernier né des festivals électro, à Correns - Zibeline

Les nouvelles musiques actuelles et électroniques dans une ambiance bio et familiale.

Depuis 2005, le musicien DJ marseillais Harold Boué insuffle un vent nouveau sur la French touch avec Abstraxion. Plus récemment, ce DJ, producteur et codirecteur de label officie également au sein du projet tribal-disco Lion’s Drums. Avec des amis, après une résidence au Cabaret aléatoire il y a six ans, il fonde l’association Le laboratoire des possibles, également organisateur des soirées Mouillette, à Marseille. Le même collectif qui, cet été, propose la première édition du festival Encore Encore, à Correns, dans le Var. Entretien.

Zibeline : Comment est née l’idée de créer un nouveau festival ?

Harold Boué : Je suis très attaché à Correns que je connais depuis que je suis tout petit. J’y ai une maison de famille que mon père m’a légué. À force d’y aller avec mes amis du collectif nous est venue l’idée d’y organiser quelque chose qui serait pensé avec et pour les Corrensois, dans la philosophie du lieu qui est le premier village bio de France. L’objectif est de laisser le moins de traces possible si ce n’est des souvenirs positifs, aussi bien pour le public qui viendra de l’extérieur que pour les habitants.

Correns est réputé pour être une terre de musiques du monde. Votre proposition se place-t-elle dans cette continuité ?

Nous nous positionnons sur les nouvelles musiques et l’explosion des genres. La programmation propose un panel large de ce que peuvent être les musiques électroniques. Cela peut aller du hip-hop à d’autres courants qui finalement peuvent trouver des influences dans les musiques du monde. C’est dans cet esprit qu’il y aura aussi dans la journée un espace pour faire découvrir aux gens ce qu’est la musique électronique, en sortant de certains a priori.

Pourquoi ce nom Encore Encore ?

Simplement par rapport au nom de Correns.

Le festival met en avant une série d’engagements. À quelles valeurs répondent-ils ?

Cela passe par le lien fort qui existe avec Correns et la volonté de travailler avec le territoire. Des chefs vont proposer des plats exclusivement à base de produits bio, locaux et en circuit court. Il en sera de même pour les boissons. Nous serons pointus en termes de récupération des déchets. Nous demandons également aux artistes de jouer le jeu, au niveau des déplacements comme sur place. La situation sanitaire risque malheureusement de mettre des bâtons dans les roues de nos ambitions si, par exemple, nous étions obligés d’utiliser des produits jetables. Nous suivons les annonces semaine après semaine, et s’il faut respecter des consignes sanitaires on le fera.

La programmation respecte aussi la notion de circuit court puisqu’il y a beaucoup d’artistes régionaux…

Le souhait était de représenter aussi bien la scène locale émergente et confirmée que la scène nationale et internationale. Et à travers ça de pouvoir donner une représentativité en phase avec notre manière de voir les choses et l’époque dans laquelle on vit. En tant que musiciens, il est important pour nous de défendre les artistes indépendants qui partagent les valeurs du Laboratoire des possibles et l’envie de faire découvrir des nouvelles musiques au public.

Des coups de cœur ?

La programmation a été pensée de manière équilibrée, pour représenter la musique qu’on veut mettre en avant. Et donc tous les artistes et pas certains plus que d’autres.

Le festival est annoncé depuis le mois de mars. Mais contrairement à la quasi-totalité des événements de l’été, le vôtre n’a pas été annulé. Comment avez-vous survécu ?

Même si l’horizon se dégage, on reste attentif aux annonces et on croit fort à la possibilité de pouvoir le faire. On a la chance d’être en extérieur et sur une jauge d’un peu moins de mille personnes. Ces facteurs-là, qui correspondent à ce qui nous intéresse en termes de festival, nous permettent d’espérer pour la fin du mois d’août. Les dernières nouvelles vont dans le bon sens. Seule une annonce nationale rendrait impossible la tenue du festival. On croise les doigts.

La période que nous traversons a-t-elle fait bouger des lignes sur la conception du festival ?

L’idée de base et la philosophie ont été pensées il y a plus d’un an. Ce qui a évolué, c’est la prudence en matière de communication, le fait d’avancer semaine après semaine. On est heureux de voir qu’il y a un engouement autour du projet. On reçoit beaucoup de messages positifs de personnes qui nous disent que c’est un peu une bulle d’air dans un moment compliqué. Nous voulons rester humblement respectueux vis-à-vis de ce que le public a vécu et vit encore dans la période.

Ce que porte le festival dans ses engagements, ses valeurs, n’est-ce justement pas en adéquation avec la nécessité d’un monde d’après ?

En tant que festival créé en 2020, nous avons la responsabilité d’adapter les propositions à l’époque d’aujourd’hui, d’être rigoureux sur les détails. Nous avons également imaginé le festival comme un moment familial. Il y aura d’ailleurs un espace pour les enfants avec une boum et un atelier de cinéma d’animation, des ballades et massages sonores… C’est une première édition, ce ne sera pas parfait. Nous sommes ouverts aux remarques pour avancer et espérer construire les choses au moins à moyen terme tout en restant sur les bases d’un festival à taille humaine.

Entretien réalisé par LUDOVIC TOMAS
Juillet 2020

Photo : Harold Boué-Lions Drums ©Yohanne Lamoulere

Encore Encore
28 au 30 août
Correns
encoreencorefestival.com

Au programme :

Glitter, Budino, Blu Samu, C.A.R., Chloé, Fantastic Man, DC Salas, Jan Schulte aka Wolf Müller, J.O.I., Lion’s Drums, Kid Francescoli, Malcolm, Mystique, Postcoïtum, Oklou, Zozo, Abel de Mai, Soma