La programmation du Théâtre municipal Jean Vilar, à Montpellier

En chair et en osVu par Zibeline

• 23 septembre 2020⇒24 septembre 2020, 4 novembre 2020⇒5 novembre 2020 •
La programmation du Théâtre municipal Jean Vilar, à Montpellier - Zibeline

Au Théâtre municipal Jean Vilar, la programmation est une déclaration d’amour au spectacle vivant, dans toute sa dimension physique et engagée.

Déjà, il s’agissait de sauver les (quatre) spectacles prévus pour la saison précédente, annulés par le confinement. C’est ce soir ou jamais inaugure ainsi le cru 2020-21 (23 & 24 septembre). Avec des morceaux choisis chez Karl Valentin, Dario Fo, Shakespeare et d’autres (adaptés par Jean-Benoît Patricot), le Théâtre Hirsute monte une fabuleuse revue-concert qui plonge dans l’atmosphère des cabarets munichois d’avant-guerre. Et le poignant Un homme qui fume c’est plus sain (Collectif Bajour) pourra jouer son repas de famille, retrouvailles pour un enterrement. Des frères et sœurs se souviennent d’une enfance bousculée, drôle, inquiétante. Tout est réuni, avec des comédiens explosifs, pour révéler des non-dits et rejouer le passé (11 & 12 mars).

Famille, encore, dans le mode plus intimiste d’Annie Ernaux, dont la Cie Dévot adapte Les années. La femme de la photo, c’est l’auteur, qui au fil des clichés scrute son passé et celui de notre société française ; l’acuité de son regard permet de revivre de plein fouet chacun de nos épisodes personnels (4 & 5 novembre). Le théâtre s’associe au festival de la Cimade, Migrant’ scène, pour une soirée (18 novembre) organisée autour des œuvres de Janne Teller (Guerre, et si ça nous arrivait ?, avec Vanessa Liautey mise en scène par Fanny Rudelle) et Amin Maalouf (Destination identité, par la Cie Alegria Kryptonite). Hélène Soulié poursuit son MADAM (Manuel d’Auto Défense À Méditer) avec Je préfère être une cyborg qu’une déesse. Sa réflexion documentaire sur l’identité, entre psychanalyse, philosophie, théâtre, développe un mouvement féministe très inspirant, et se penche cette fois sur l’univers des technosciences, enfin arraché à sa dimension phallocentrée.

C’est Andersen qu’Alexis Armengol convoque pour Vilain !, l’histoire de la métamorphose de Zoé, tout en rebonds et résilience (dès 8 ans, les 26 & 27 novembre). Les enfants pourront aussi se réfugier dans l’atmosphère si particulière des écrits de Claude Ponti  : c’est rigolo de dormir sous La tente, mais ça fait peur aussi ; il va falloir transformer ça en rigolmarrade ! (Cie du Sarment, 27 au 29 janvier).

Parmi la richesse des propositions, retenons que c’est le Collectif Le Baril qui cette année élaborera la 9e création partagée, à la rencontre des jeunes du quartier de La Mosson, qui viendront sur le plateau partager quelques-unes Des illusions qui les habitent (2 & 3 mars).

ANNA ZISMAN
Septembre 2020

Théâtre municipal Jean Vilar, Montpellier
04 34 46 68 38

Photo : Vilain! © Florian Jarrigeond

Théâtre Jean Vilar
155 rue de Bologne
34080 Montpellier
theatrejeanvilar.montpellier.fr