Que nous réserve le Mucem, de la rentrée 2021 au printemps 2022 ?

En attendant les Pharaons

Que nous réserve le Mucem, de la rentrée 2021 au printemps 2022 ? - Zibeline

Tour d’horizon des prochaines expositions du Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée.

Jean-François Chougnet, le président du Mucem, verra son deuxième mandat s’achever en novembre 2022. Son successeur sera donc nommé par le prochain gouvernement, après les élections présidentielles. En attendant, lui et ses équipes pilotent le musée au rythme de la crise sanitaire, avec une programmation « un peu chamboulée ». La grande exposition de l’été 2020, Pharaons Superstars, réunissant 300 pièces de grandes collections internationales, est ainsi reportée à juin 2022. Histoire(s) de René L, qui interroge la psychiatrie et le colonialisme durant le XXe siècle à travers le parcours d’un patient, ne sera présentée au Fort Saint-Jean qu’au printemps.

En attendant, malgré la période houleuse et l’instauration du pass sanitaire, le public se présente en nombre en cette fin de période estivale. « Nous avons installé un dispositif de tests Covid à l’entrée, précise Jean-François Chougnet, cela fonctionne bien, au moins jusqu’à ce qu’ils deviennent payants. » Selon le calendrier gouvernemental, ce sera le cas à la mi-octobre. Au moment de l’ouverture des nouveautés d’automne au Mucem ; l’impact de ces mesures sur la fréquentation sera alors à réévaluer.

Nouvelles expositions

La très attendue Salammbô – Passion ! Fureur ! Éléphants !, réalisée avec la Réunion des Musées Métropolitains Rouen Normandie pour le bicentenaire de la naissance de Gustave Flaubert, se tiendra du 20 octobre au 7 février. « Il s’agit d’un triple point de vue : littéraire, avec notamment ses carnets préparatoires extrêmement minutieux ; un regard sur la fascination générée par l’œuvre aux XIXe et XXe siècles ; et une approche archéologique. Les fouilles de Carthage sont postérieures à l’écriture du roman, mais comme le montrent les archéologues qui ont écrit pour le catalogue, Flaubert avait vu assez juste. » En parallèle, du 20 octobre au 16 janvier, le bâtiment Georges Henri Rivière abritera EUROPA, Oxalá, soixante œuvres produites par des artistes issus des anciennes colonies françaises, dont Katia Kameli (également reçue cet été au Frac Paca), Mohamed Bourouissa, Malala Andrialavidrazana ou Mónica de Miranda. Tandis qu’au Fort Saint-Jean, du 20 octobre au 18 avril, un nouvel Abécédaire remplacera Les résistances de A à Z : Je signe donc je suis portera sur les objets d’art populaire extraits des fonds du musée, que leurs auteurs ont tenu à revendiquer. Cet hiver s’ouvrira enfin VIH/sida – L’épidémie n’est pas finie. Du 15 décembre au 2 mai, l’occasion de revenir sur l’histoire sanitaire, politique et sociale d’une autre maladie, des années 1980 à nos jours. Les huit (!) commissaires de l’exposition, anthropologues et conservateurs, ont rassemblé un impressionnant matériel militant, mis en dialogue avec photographies et œuvres d’art.

Quant à la programmation culturelle et aux rencontres scientifiques qui font le quotidien du musée, elles reprennent de plus belle, avec pour commencer la venue du paléontologue Yves Coppens, le 25 et 26 septembre, puis, début octobre, celle du prix Nobel de littérature en 1986, Wole Soyinka, accompagné sous toutes réserves de Christiane Taubira.

GAËLLE CLOAREC
Septembre 2021

Mucem, Marseille
04 84 35 13 13 mucem.org

Illustration : Malala Andrialavidrazana, Figures 1883, Reference Map for Business Men, tirahe pigmentaire, 110 x 163 cm, 2019 (c) Malala Andrialavidrazana

Mucem
Môle J4
13002 Marseille
04 84 35 13 13
mucem.org