Le Festival Parallèle, du 26 janvier au 3 février à Marseille

Éloge de la radicalité

• 26 janvier 2018⇒3 février 2018 •
Le Festival Parallèle, du 26 janvier au 3 février à Marseille - Zibeline

Parallèle annonce une 8e édition qui va mettre en synergie les théâtres de Marseille, et la jeune création.

Parallèle n’est pas un festival comme les autres, mais un moment de visibilité pour les compagnies et les artistes accompagnés par Parallèle (ex Kom’n’act), plateforme de production dirigée par Lou Colombani. Le festival prône sans complexe la radicalité, prend le risque de la défaite, et des réussites les plus triomphantes, parce que mettant en lumière des formes nouvelles, hors formats, hors circuits. Parallèle accompagne les projets depuis leur élaboration jusqu’à leur création, puis leur diffusion, du concept jusqu’à la monstration et la médiation auprès du public, des programmateurs, des commentateurs et des institutions. Un échelon précieux, d’autant que Lou Colombani a fait preuve depuis 8 ans de la pertinence de ses choix, et du sérieux de son accompagnement.

C’est pourquoi aujourd’hui la plupart des théâtres marseillais accueillent, coproduisent ou diffusent, à la mesure de leurs moyens, ses propositions. Qui trouvent ensuite, souvent, d’autres diffuseurs, dans la région ou ailleurs. Ce qui est proposé lors du Festival Parallèle concerne donc les professionnels, mais aussi un public qui n’a pas froid aux yeux et accepte d’être emmené hors des terrains lisses. Une occasion, en particulier pour les jeunes, d’être étonné, et concerné aussi par des problématiques et des langages de leur âge et de leur temps.

À noter, parce que ce n’est pas si fréquent y compris dans les festivals de jeune création, une forte présence de femmes artistes. Et à côté du théâtre, des performances et de la danse qui demeurent l’axe fort du festival, des propositions parallèles :

une exposition photo à la Librairie Maupetit et au Théâtre des Bernardines, donnant à voir les Territoires parallèles de 5 jeunes artistes passés par l’École Nationale Supérieure de Photographie d’Arles (ENSP) : 3 Colombiens et 2 Françaises, pour dire les mutations d’un pays (du 18 janvier au 17 février)

la projection le 28 janvier de 3 films courts, récents, de jeunes réalisateurs au Cinéma les Variétés, une programmation élaborée avec le FID sur des rapprochements incongrus : l’écoute de sons opposés (La Barque Silencieuse, Julie Chaffort), l’étude comparée des antipodes que sont l’Indonésie et la Colombie (As far as we could get, Ivàn Argote), ou Rameau dansé en Krump (Les Indes Galantes, Clément Cogitore)

un atelier de regard critique, mené en partenariat avec le Collège Jean Malrieu, Aix Marseille Université et la revue I/O Gazette, dont la restitution aura lieu le 3 février au Conservatoire

un « Lab » chorégraphique avec Bruno Freire, un atelier de pratique pour enfants, et des « bords plateau » avec le groupe Vasistas (le 1er février) et Sandra Iché (le 2 février)

Autant de portes d’entrées nouvelles vers la programmation de spectacles vivants.

Au programme :

L’avant première de la Töy-Party de Muerto Coco pour lancer le festival à La Gare franche avec des jouets d’enfants, de la poésie contemporaine et le bruit du monde (le 26 janvier). Une étape de travail importante pour le collectif marseillais, avant la création en mai de ce qui sera pour eux « une grosse production, sur la vie, la mort, la joie, en espace public, avec Bloom Box et Prépus & son panda ».

Mining story, un solo muet de Sylke Huysmans qui accompagne son enquête sur la catastrophe écologique, économique et humaine du Minas Gerais, un état brésilien ; suivi dans la même soirée, le 27 janvier au Merlan, de 10 Miniballetti de Francesca Pennini, entre gymnastique et danse, enfance et rêve…

Aux Bernardines, le 30 janvier Place, un cri rageur d’Adina Secretan sur la surpopulation et le manque d’espace ; la création de Bruno Freire qui part à la recherche du merveilleux, utopie nécessaire (le 2 février) ; le Vasistas group théâtre (Argyro Chioti) qui tente la Divine Comédie au Gymnase, une grande forme où un quatuor à cordes tiendra la place centrale (le 1er février)

Au FRAC et à Fotokino Eric Minh Cuong Castaing confrontera une enfant à un robot (Lesson of Moon, le 31 janvier et le 2 février) ; le Mucem se penchera avec Maud Blandel sur les pom-pom girls américaines, et Montévidéo accueillera tous les soirs les performances de Louis Vanhaverbeke, Ernest Bergez & Pauline Simon, Begüm Erciyas, Edurne Rubio et Anne Lise le Gac.

À ne pas manquer, la programmation de La Joliette : Gauche/Droite de Sandra Iché et le 3 février l’Irlandaise Oona Doherty pour clore le festival par une performance sur la colère de Belfast, et la masculinité. Avant un DJ set de Rory More et Waterproof, rencontre de l’Irlande et de Marseille.

AGNÈS FRESCHEL
Janvier 2017

Festival Parallèle
26 janvier au 3 février
Divers lieux, Marseille
plateformeparallele.com

Photo : Adina Secretan, Place -c- Sylvain Chabloz