Vu par ZibelineSons et images : Zibeline partage ses morceaux choisis

Écoutes/Écrans 1

• 20 janvier 2020⇒13 février 2020 •
Sons et images : Zibeline partage ses morceaux choisis - Zibeline

 

Héroïnes de la rue 

Après 3 ans d’activisme au sein des Femen, Marguerite Stern a décidé de « mettre des mots sur sa porte d’entrée dans le féminisme ». Depuis avril, six épisodes ont été mis en ligne. Les premiers relatent son combat au quotidien contre le harcèlement de rue, de Paris à Marseille, où sa légitime défense s’est soldée par une balle de 7mm dans la vitre de son appartement du Panier. À Marseille toujours, elle va ensuite à la rencontre de ces « héroïnes » de l’ombre qui combattent au quotidien : les femmes de chambre du groupe Elior, en grève dans un hôtel de luxe de la rue des Dames ; la plasticienne Elvire, qui appose des moulages de vulves en plâtre sur les murs de la ville… Édifiant et galvanisant ! Car malgré l’âpreté de certains témoignages, jamais la jeune femme ne se départit de son analyse raisonnée appelant à la solidarité. 

=> À écouter sur la plateforme Ausha,  podcast.ausha.co/margueritestern/

 

La migration des oiseaux et le changement climatique

Le 1er janvier dernier, La terre au carré saluait la venue de la nouvelle décennie en inspectant les augures délivrés par les oiseaux migrateurs. Aux côtés de la journaliste Elodie Font, l’ornithologue Maxime Zucca, coresponsable du pôle écologie du mouvement Place Publique, analyse l’impact du réchauffement climatique sur le comportement des oiseaux, qui décalent un peu plus chaque année les dates de leurs voyages intercontinentaux. Où l’on évoque aussi les vertigineuses murmurations des étourneaux, ces nuées qui tournoient actuellement dans le ciel au crépuscule, et inspirent notamment les artistes (Möbius de la Cie XY, à voir les 31 janvier & 1er février au Théâtre de la Criée à Marseille).

=> À réécouter sur franceinter.fr/emissions/la-terre-au-carre/la-terre-au-carre-01-janvier-2020

 

1960-1980, la face rock cachée de Marseille


Dans sa case Juke-Box, France Culture s’intéresse chaque samedi à 19h à un mouvement social ou historique à la lumière de ses courants musicaux. « Snobée par les grandes maisons de disques, subissant déjà un manque chronique d’investissement culturel », Marseille a pourtant cultivé dans la pénombre une scène rock vivifiante, sur laquelle s’attarde le journaliste Amaury Chardeau. L’émission s’ouvre sur la cold wave électrisante de Martin Dupont, pour s’achever sur le revival garage des Cowboys from Outerspace. Diffusée le 14 décembre, cette anthologie fait écho à la publication du tome 2 de L’histoire du rock à Marseille 1980-2019 de Pablo Escobar (éd. Le mot et le reste), deux ans après le tome 1 de Robert Rossi chez le même éditeur.

=> À réécouter sur franceculture.fr/emissions/juke-box/1960-1980-la-face-rock-cachee-de-marseille

 

Bienvenue chez Super Cafoutch

En avril 2018, le Mini Cafoutch ouvrait ses portes près de la porte d’Aix. Le documentariste Nicolas Bole a suivi jour après jour les premiers pas de cette épicerie test, destinée à devenir un jour le premier supermarché coopératif de Marseille. L’enjeu est simple : fédérer un groupement d’achat privilégiant les produits éthiques et locaux, afin d’éviter les marges trop élevées de la grande distribution, notamment dans le bio. Le fonctionnement participatif – chaque bénévole offrant 3h de son temps chaque mois – assure des décisions collégiales, essentiellement sur le choix des produits à mettre en rayon. D’approvisionnement chez les producteurs locaux en visite aux prédécesseurs auréolés de succès, tels la Louve ouverte à Paris en 2016, l’optimisme est de mise. Après seulement une année d’existence, La Louve comptait déjà 7 500 collaborateurs. « 6 millions d’euros raptés à l’économie capitaliste ! », se réjouit son cofondateur Tom Booth. Mini Cafoutch a besoin de nouveaux adhérents pour mener à bien son projet : prochaine réunion d’informations le 20 janvier (supercafoutch.fr).

=> À voir en replay jusqu’au 13 février, rubrique documentaire / La France en vrai sur france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/

 

Violetta

L’Opéra de Paris rassemble deux scènes mythiques : le Palais Garnier et Bastille. Depuis 2015, un nouveau lieu s’y développe : la 3ème scène, celle du numérique. L’occasion, pour de nombreux artistes, de se frotter à un genre et à un format rarement réunis. Espace de création, cette scène, disponible sur la plateforme de l’Opéra, est accessible à tous. On y propose chaque mois un nouveau court-métrage dédié à la danse ou au lyrique. Ces courts sont réalisés par, entre autres, Bertrand Bonello, Mathieu Amalric, Rebecca Zlotowski, ou encore Clément Cogitore : ses Indes Galantes revues à la sauce krump/hip-hop, ont été depuis montées sur la scène de la Bastille par ses soins. C’est une jeune metteuse en scène qui sera à l’honneur en février pour son premier court-métrage. Julie Deliquet, fondatrice du collectif In Vitro, se plonge avec Violetta dans les affres de la maladie et de sa représentation théâtrale. À l’écran, la maladie simulée, spectaculaire d’Aleksandra Kurzak en Traviata trouve un écho troublant dans le récit quotidien d’une patiente atteinte d’un cancer. L’énergie vitale, la lutte pour la survie – c’est ici la même chose – se logent autant dans l’épanchement vocal que dans le silence, dans ces formules de politesse égrenées par le corps médical ou dans les mots anodins qu’emploie l’entourage. L’émotion, entre lyrisme et pudeur, n’en est que plus tenace.

=> Disponible à partir du 5 février sur operadeparis.fr/3e-scene/

 

Chef.fe

Disponible depuis décembre dans son intégralité sur le site de la Philharmonie de Paris, la web-série Chef.fe se compose de cinq épisodes brefs – cinq à dix minutes. Réalisée par l’artiste plasticienne Camille Ducellier, Chef.fe suit une année de travail de Lucie Leguay. Âgée d’à peine trente ans, la jeune lilloise est déjà cheffe-assistante des orchestres de Lille, de Picardie et d’Île-de-France. De sa victoire au Tremplin pour jeunes cheffes, en 2018, à son ascension sur les scènes française, la réalisatrice suit ses nombreux déplacements et répétitions. Face caméra, Lucie Leguay fait également part des difficultés rencontrées, avec un sens de l’analyse et de la pédagogie impressionnant. De quoi mieux comprendre les enjeux, cruciaux, de la direction d’orchestre, et célébrer la place de plus en plus importante qu’y occupent les femmes !

=> À voir sur live.philharmoniedeparis.fr

 

Putains de guerre

« Pour faire un bon soldat, il faut un uniforme, une arme, et, autant que possible, une prostituée. » Cette entrée en matière dit tout de la légèreté avec laquelle on a traité, jusqu’alors, la question des « bordels militaires ». L’enquête de Stéphane Benhamou et Sergio G. Mondelo dévoile à quel point cette pratique a perpétué, en temps de guerre puis par la suite, une nouvelle forme de colonisation sur les territoires. L’organisation officielle des maisons en Algérie et en Indochine par la France n’a rien à envier à la présence américaine en Thaïlande, qui a multiplié par vingt le nombre de prostituées. Édifiant. 

=> À voir le 20 janvier à 20h30 sur LCP, disponible en replay jusqu’au 27 janvier sur lcp.fr

 

The Party

Touche-à-tout de grand talent, la britannique Sally Potter a toujours interrogé, au fil de sa versatile filmographie, les possibles du langage cinématographique. Avec The Party, elle s’inscrit dans la lignée de Qui a peur de Virginia Woolf ? : huis clos, noir et blanc, coups de théâtre … Maîtrisée, jubilatoire, sa descente en règle de la gauche caviar british bénéficie du génie de Kristin Scott Thomas et de Patricia Clarkson. 

=> À voir le 29 janvier à 22h45 sur Arte, puis en replay jusqu’en janvier 2021 sur arte.fr

 

Ariane à Naxos

Katie Mitchell compte parmi les metteurs en scène d’opéra les plus passionnants d’aujourd’hui : son Ariane à Naxos, donné au Festival d’Aix de 2018, dépoussière et célèbre Strauss dans un même geste. La distribution, qui rassemble Lise Davidsen en Ariane et Sabine Devieilhe en Zerbinette, ne gâche rien… 

=> À voir le 20 janvier à 0h05 sur Arte, puis en replay jusqu’en janvier 2021 sur arte.fr

Une sélection de JULIE BORDENAVE et SUZANNE CANESSA
Janvier 2020