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Le 11ème festival écocitoyen de Gardanne a lieu du 9 au 15 mars

Écologie cinéphile

• 9 mars 2016⇒15 mars 2016 •
Le 11ème festival écocitoyen de Gardanne a lieu du 9 au 15 mars - Zibeline

Le 11ème festival écocitoyen de Gardanne conjugue avec brio les thèmes militants et la qualité des œuvres.

Rendre compte, amener à réfléchir, à percevoir, à comprendre, à discuter, peut-être à agir, l’art ne cesse d’interroger le monde. Le septième art se révèle un instrument privilégié, avec la force des images, le sentiment de vérité qui leur est propre.

Pour sa onzième édition, le Festival écocitoyen de Gardanne offre une programmation d’une grande richesse, comprenant des avant-premières (3), cinq soirées-débats animées par les associations* ou des réalisateurs, une soirée dégustation avec les Amap de Gardanne, et même un atelier jardinage pour les enfants à l’issue de la projection de Ma petite planète verte (cinq films d’animation à partir de 3 ans).

Militant et d’art et essai !

Ne pas s’y tromper, dans ce festival, il n’y a pas de « film militant », qui vous assène ses « vérités » et joue au prosélyte ! Le choix des œuvres reste avant tout un choix de cinéphile, même si les différentes propositions nous conduisent par le monde, et mettent l’accent sur un sujet où se dégagent des traits politiques, -l’écologie par essence sous-entend une conception de l’organisation sociale, de la répartition des richesses, de la manière de les produire et de vivre dans une harmonie qui englobe les êtres et le lieu qu’ils habitent-.

On croisera des personnages qui ont marqué leur pays et leur époque par leur action, comme Thomas Sankara, révolutionnaire, féministe et écologiste, président du Burkina Faso assassiné en 1987 avec le film de Christophe Cupelin, Capitaine Thomas Sankara, ou la figure de l’artiste brésilien Vik Muniz qui, suivi par la caméra de Lucy Walker dans Waste land, entreprend dans la plus grande décharge du monde à Jardim Gramacho en banlieue de Rio de Janeiro, un projet artistique inédit, : photographier les « catadores » (les ramasseurs de déchets recyclables) dans des mises en scènes composées à partir d’objets et matériaux rescapés des poubelles.

Personnages moins célèbres, mais aux entreprises courageuses, les habitants de Bil’in en Cisjordanie filmés par Emad Burnat et Guy Davidi (Cinq Caméras brisées) dans leurs actions non-violentes pour rester propriétaires de leurs terres et coexister en paix avec les Israëliens malgré le « mur de séparation » censé « protéger » ces derniers ! On découvre avec Istmeño, le vent de la révolte d’Alessi del Umbria, les communautés indigènes de l’Isthme de Tehuantepec au Mexique qui luttent contre les mégaprojets des multinationales qui veulent transformer la région entière en parc éolien. Hymne à la nature encore, le beau film découvert lors du Festival d’automne 2015, La terre et l’ombre de César Acevedo, qui montre les terres dévastées par la culture intensive de la canne à sucre. Plus humble, Le potager de mon grand-père (Martin Esposito), aide à se ressourcer, secrets transmis, jardin cultivé avec amour… Une nature à protéger jusque dans les gestes du quotidien.

On suit la révolution à la télévision avec Je suis le peuple d’Anna Roussillon auprès de Farraj qui vit à la Jezira en Egypte, alors qu’éclatent les manifestations de la place Tahrir ; puis le rythme des saisons aux côtés de João Pedro Placido et son Volta à terra (programmation ACID Cannes 2015) qui hante Uz, hameau montagnard du nord du Portugal.

Les remuements du monde se retrouvent dans la presse, qui tente de préserver une vision démocratique, libre et indépendante, ainsi travaille le quotidien El Watan que présente Malek Bensmaïl dans Contre-pouvoirs.

Les destinées humaines sont aussi un élément de la nature ! Le divan du monde (Swen de Paw) accueille d’une manière atypique les patients originaires du quartier ou d’autres continents, histoires qui trouvent refuge auprès de Georges Federmann. Émergent les attachants personnages de Toto et ses sœurs (Alexander Nanau) au cœur d’une famille Rom chaotique. Les réalités du monde convergent au cinéma.

En clôture de Festival, c’est Merci patron ! de François Ruffin qui apporte sa bouffée délirante d’optimisme. On en a bien besoin !

MARYVONNE COLOMBANI
Février 2016

Du 9 au 15 mars
04 42 51 44 93
http://www.cinema3casino.fr/

*CCFD-Terre Solidaire, Contact, ATTAC, les AMAP de Gardanne, Ecopolénergie, le Collectif Roms de Gardanne, Lycée agricole de Valabre.

Photo © Volta a terra – João Pedro Placido


Cinéma 3 Casino
11 Cours Forbin
13120 Gardanne
04 42 51 44 93
http://www.cinema-gardanne.com