Rencontre avec Anne Renault, directrice des théâtres Scènes&Cinés et du festival Les Élancées

Des scènes à choix multiple

• 24 septembre 2019⇒13 juin 2020 •
Rencontre avec Anne Renault, directrice des théâtres Scènes&Cinés et du festival Les Élancées  - Zibeline

Anne Renault est directrice des théâtres Scènes&Cinés et du festival Les Élancées. Elle répond à nos questions sur cette nouvelle saison culturelle.

Zibeline : Six programmations qui couvrent six lieux, Scènes&Cinés affiche quelques 120 spectacles sur le territoire d’Istres Ouest Provence. Comment avez-vous imaginé cette saison ?

Anne Renault : L’idée c’est toujours que chaque lieu ait sa couleur : familial au Théâtre de Fos, danse et théâtre de recherche à l’Olivier à Istres, plus de musique à La Colonne à Miramas, et deux lieux qui sont un peu différents, les Espaces Gérard Philippe à Port-St-Louis et Robert Hossein à Grans où la programmation est plus axée sur la relation théâtre-cinéma, avec 3 week-ends qui proposent des pièces, des projections et des rencontres autour de 3 thématiques. On est aussi très attentifs à trouver des espaces de convivialité, en imaginant des repas, des brunchs, avant ou après les spectacles, des soirées musique… En octobre par exemple on vivra un Banquet Élisabéthain au centre équestre Le Deven, à Istres, où l’on festoiera en écoutant des textes de Shakespeare. Sortir des murs est aussi une composante clé de Scènes&Cinés, pour se rapprocher de lieux insolites, hors des chapiteaux durant le temps des Élancés, et décliner le spectacle vivant de manière différente pour faire en sorte de provoquer des rencontres et faire du théâtre un lien social.

Le temps fort Théâtre de récit s’est bien installé dans la programmation au fil des saisons.

Le théâtre de récit, documentaire, investit de plus en plus les plateaux. Mais je cherche avant tout le travail dramaturgique, l’objet théâtral qui permet une mise à distance qu’offre le regard d’un metteur en scène, de comédiens, sur le réel. L’intérêt est de pouvoir faire un pas de côté. Chaque année on aime bien imaginer des choses plus réflexives, comme avec Les Naufragés d’Emmanuel Meirieu avec qui on poursuit un compagnonnage depuis 3 ans, ou L’effort d’être spectateur de Pierre Notte, un petit bijou dans le genre témoignage, qui traverse 50 ans de créations dramatiques au cours desquelles il parcourt son existence de metteur en scène, spectateur, comédien. Je suis aussi attentive aux metteuses en scène, des femmes qui n’ont pas toujours la place qu’elles méritent : on propose un focus sur le sport avec la nouvelle création de Pauline Bureau (elle donnera aussi Les bijoux de Pacotille), Féminines, qui raconte la création de la première équipe de foot féminine, ce qui nous permettra de travailler avec les équipes de foot féminines de Miramas et de Fos ; Bérangère Vantusso sera là avec Longueur d’ondes

La programmation pour le jeune public est très riche, avec 35 spectacles !

J’y ai toujours porté une attention particulière, pour moi c’est un tout, comme une programmation de danse, ou de cirque, il faut vraiment qu’il y ait une unité, une globalité de qualité, une programmation qui aborde des thématiques très engagées, parfois même plus que sur les spectacles tous publics. On a aussi 90 représentations scolaires, sans compter celles durant Les Élancées, l’idée étant que tous les enfants du territoire à un moment donné puissent venir dans un lieu de spectacle, se confronter au spectacle vivant, et les élus nous suivent largement là-dessus. On porte aussi une attention plus importante depuis quelques années aux propositions autour de l’adolescence, beaucoup d’enseignants nous suivent, y compris sur des choses originales, des formes hybrides, avec de grandes thématiques, qui provoquent des discussions dans les classes.

Et comme toujours beaucoup de propositions en danse.

Oui, notamment avec un focus sur la danse d’aujourd’hui et la venue d’Akram Khan (Outwitting the Devil créé au Festival d’Avignon cet été), May Be de Maguy Marin que je reprogramme pour la 3e fois, un monument, encore plus d’actualité de nos jours, Hélène Blackburn (Not quite midnight), Angelin Preljocaj (Gravité), et du hip hop qui ouvre sur d’autres métissages, avec Hamid Ben Mahi, Fouad Boussouf.

Le territoire s’enrichit d’une nouvelle salle, à Cornillon ?

Oui, L’Oppidum, une salle qui accueillera des spectacles, mais aussi des expositions du Frac, des concerts…

DOMINIQUE MARÇON
Septembre 2019

Scènes&Cinés, Istres, Fos-sur-Mer, Miramas, Grans, Cornillon, Port-St-Louis
scenesetcines.fr

Photo : May B, Maguy Marin © Hervé Deroo