Création contemporaine et compagnies régionales à l'affiche de la saison de La Minoterie à Marseille

Des plaisirs inutiles

Création contemporaine et compagnies régionales à l'affiche de la saison de La Minoterie à Marseille - Zibeline

C’est sous le signe de l’inutilité et d’un zeste d’insouciance que les deux directeurs du Théâtre Joliette-Minoterie ont placé la programmation de cette année. Vraiment ? Malgré le manque de moyens, leur saison se fonde sur des choix de grande qualité, un soutien net aux compagnies régionales et à la création contemporaine…

Lancement avec une Fête inutile, où l’ambiance festive a permis de présenter les deux nouvelles compagnies en résidence : La Paloma de Rachel Ceysson et Thomas Fourneau et Les Pas perdus de Lagesse, Barthélémy et Rigaut.

Côté théâtre après les spectacles de Toshiki Okada dans le cadre d’ActOral et Mon traître d’après le texte de Sorj Chalandon, la saison se poursuit, en novembre, avec Le vivier des noms de Valère Novarina et La soucoupe et le perroquet écrit et mis en scène par un comédien tout frais issu de l’ERAC, Paul Pasco. Je ne m’en souviens plus de Waël Ali, dans le cadre des Rencontres à l’échelle, propose une forme de théâtre documentaire sur le soulèvement du peuple syrien à travers le témoignage de Hassan Abd’elrahman, musicien et ancien prisonnier politique.

En décembre, un événement : By heart du portugais Tiago Rodrigues met en scène le pouvoir des mots et de la mémoire pour lutter contre l’oppression. En janvier Looking for Quichotte propulsera un Quichotte paumé dans notre XXIe siècle, avec un texte commandé à Charles-Éric Petit par Vladimir Steyeart, directeur d’une compagnie de Saint Etienne.

En février, Guitou de Fabrice Melquiot et sa perception si sensible de l’enfance, dans une mise en scène de Guy-Pierre Couleau, suivi du très attendu Dingo Dingue de Mazzuchini : poursuivant l’hilarant Psychiatrie déconniatrie, le comédien mêle des textes de psychanalystes et d’auteurs contemporains pour décrire notre condition humaine.

En mars, Braises de Catherine Verlaguet, dans une mise en scène de Philippe Boronad, reprend avec sensibilité et tact un fait divers tragique où une jeune fille arabe fut brûlée vive. Quant à la comédienne Norah Krief, membre de la Comédie de Valence, elle associe avec talent Les sonnets de Shakespeare et le jazz rock de trois musicos.

Mention particulière pour la talentueuse Julie Deliquet qui proposera des extraits de trois spectacles, tous primés dans différents concours, sous le titre collectif Des années 70 à nos jours avec douze acteurs et un travail d’improvisation. En avril, Roland Auzet proposera Dans la solitude des champs de coton où le dealer et le client de Bernard Koltès seront deux comédiennes, Anne Alvaro et Audrey Bonnet. Enfin une création de la Cie Du singulier sur un texte de Suzanne Joubert, Show room.

La danse aura toute sa place avec Marseille Objectif Danse en octobre, la chorégraphe marocaine Bouchra Ouizguen en novembre, la japonaise Kaori Ito en scène avec son père sculpteur, puis le spectacle Rhizomes qui associe les créations de Patricia Guannel et Patrick Servius, en janvier. N’oublions pas les spectacles à voir en famille avec la création-maison de Haïm Menahem 3 Perrault sinon rien et la reprise de Papa part maman ment mémé meurt de Pierrette Monticelli. De l’inutile indispensable !

CHRIS BOURGUE
Octobre 2016

Théâtre Joliette-Minoterie, Marseille

Photo : Soirée Fête inutile du 17 septembre © Chris Bourgue


Théâtre Joliette
2 place Henri Verneuil
13002 Marseille
04 91 90 74 28
www.theatrejoliette.fr