Entretien avec Denis Péan du groupe Lo’Jo, invité des Nuits Métis à Miramas

Des Nuits Métis toujours plus multiples

• 24 juin 2021⇒31 juillet 2021 •
Entretien avec Denis Péan du groupe Lo’Jo, invité des Nuits Métis à Miramas - Zibeline

Le festival de Miramas adopte un nouveau format en trois actes. Entretien avec l’un des invités de cette 28e édition, le fondateur du groupe Lo’Jo, Denis Péan.

Zibeline : Depuis bientôt 40 ans, votre musique déconfine les frontières pendant que le monde n’a cessé de les renforcer. Vous gardez le moral ?

Denis Péan : Cela ne me gêne pas d’être non conforme. Quel que soit le chemin de la vie, on tient notre cap. Mon voisin le plus proche ne m’est pas plus proche que quelqu’un qui habite à des milliers de kilomètres. J’ai côtoyé le monde, je ne vois pas avec qui je sois tellement différent en fin de compte. L’origine n’y fait rien, c’est une question de sentiment à l’égard des autres. Mais il est possible que le sort de mes contemporains anime quelques-unes de mes paroles.

Qu’évoque Transe de papier, votre dernier album ?

Dans ma vie, les formules les plus justes que j’ai trouvées m’ont dépassé et il a fallu quelquefois que d’autres me les expliquent et les comprennent avant moi. La création, c’est une série de décisions mais aussi de coïncidences. C’est un jeu avec les possibles. Transe parce que la musique est une transe et le papier parce que l’écriture et les langues, nos langues, dans Lo’Jo, sont importantes. Le papier évoque aussi quelque chose de fragile, de pacifique. C’est donc une transe d’écriture autant que musicale.

Dans quelles contrées cette transe nous porte ?

Cela part de nous souvent car c’est tellement naturel de ne pas avoir une culture unique. Il y a des siècles d’échanges humains, d’un pays à un autre. Ce qui a fait que la musique est métissée, migrante depuis la nuit des temps, donc naturellement hybride. Les instruments aussi sont tous voyageurs.

Qu’est-ce qui guide votre longévité ?

Elle m’étonne moi-même. J’ai l’impression d’être tout frais. Je n’y réfléchis pas tellement. On ne peut pas lâcher quand on est créateur. Il est plus plaisant de jouer maintenant qu’il y a 20 ou 30 ans. Je profite de l’expérience qui m’a été donnée avec moins d’obstacles, plus d’aisance. La clef du groupe est que les gens s’aiment, se respectent et ont besoin des uns des autres. Tout le monde a mis vie là-dedans. À chaque fois que quelqu’un part, il faut reconstituer l’équilibre.

Propos recueillis par LUDOVIC TOMAS
Juin 2021

Photo Lo’Jo © Christophe Martin

Nuits Métis
24, 25, 26 juin, Théâtre de verdure de La Colonne
8, 9, 10 juillet, Plan d’eau Saint-Suspi
29, 30, 31 juillet, Ferme Richard (Plan d’eau Saint-Suspi)
Miramas
festival.nuitsmetis.org

Zoom sur… Métis
En préparant la 28e édition, les organisateurs du festival ont comme une révélation en relisant quelques pages de mythologie grecque. Ils redécouvrent d’abord que la première épouse de Zeus et mère d’Athéna, la déesse Métis, est réputée pour son pouvoir à changer d’apparence. Plus étonnant encore, pour les Grecs anciens, le terme métis est d’abord un nom commun qui se définit comme une forme d’intelligence liée à l’aptitude à s’adapter aux situations ambiguës, mouvantes, où règnent la multiplicité et la diversité et qui n’exclut pas des pratiques perçues comme magiques. Il n’en faudra pas plus pour imaginer L’odyssée de la déesse Métis, une création musicale et poétique, onirique et nautique, sur le plan d’eau de Saint-Suspi (8 au 10 juillet).

Au programme
24 juin : Yélé + Nkumba System
25 : Bongi + Virago
26 : Élodie Rama + Piel Canela
8 juillet : Zar electrik + Da Goum Projekt
9 : L’Anima Lotta + Lo’Jo
10 : Orchestre national de Syldavie + Kalune + El gato negro
29 : Mime + Stratch
30 : Giramundo + Mariaa Siga
31 : Duval MC + Faliba