Nicolas de Staël en Provence, jusqu'au 23 septembre à l'Hôtel de Caumont, à Aix-en-Provence

De Staël à la lumière du Midi

• 27 avril 2018⇒23 septembre 2018 •
Nicolas de Staël en Provence, jusqu'au 23 septembre à l'Hôtel de Caumont, à Aix-en-Provence - Zibeline

Marseille, Ménerbes, Martigues, Lagnes… entre juillet 1953 et juin 1954, Nicolas de Staël vécut en Provence où il se consacra aux paysages, à quelques natures mortes, des bouquets de fleurs et des études de nus. Où il fit l’expérience de la « couleur pure ». L’exposition conçue par Gustave de Staël et Marie du Bouchet, justement, s’attache à démontrer « comment il a regardé et capté la lumière » au gré de 71 peintures et 26 dessins représentatifs de cette période provençale. Leur parti pris étant de répondre aux fulgurances de l’artiste par « une exposition aérienne concentrée sur la palette et ses développements infimes ». Reclus dans le silence de ses ateliers parisiens pendant près de dix ans, Nicolas de Staël entame soudain une relation sensible avec la nature, peint sur le motif avant l’atelier, dialogue avec le ciel, les nuages. De cette symbiose éclate une nouvelle palette longuement mûrie, une envie d’intimité avec son sujet, « une recherche d’équilibre entre les formes même s’il laisse apparaître une dislocation ». Pourtant sa palette n’imite pas la peinture mais joue la contrariété ou l’inversion : dans Bateaux rouges, la mer est verte et le ciel mauve, rouge en mode majeur dans Les Martigues ! De Staël ne reproduit pas, il laisse libre cours à ses sensations, ses émotions, il recrée l’évènement qui se passe sous ses yeux dans un trait succinct, un agencement des volumes graphiques, une matière de plus en plus affinée et des aplats de couleur minimaux qui permettent à l’air et à la rêverie de circuler. Qu’il s’agisse des natures mortes -souvent inscrites dans un ciel-, des bouquets aux couleurs presque éteintes ou des paysages peints à la truelle ou au pinceau, sa peinture est vivante, qui joue l’embrasement et la combustion dans les rouges, la froidure dans les bleus et les verts. Des œuvres qui préfigurent celles qu’il peindra l’année d’après à Antibes, son dernier port d’attache.

MARIE GODFRIN-GUIDICELLI
Avril 2018

Nicolas de Staël en Provence
27 avril au 23 septembre
Hôtel de Caumont, Aix-en-Provence
04 42 20 70 01
caumont-centredart.com

Illustration : Nicolas de Staël, Marseille, 19 54, huile sur toile , 80,5 x 60 cm,collection privée/ Courtesy Applicat-Prazan, Paris© Adagp, Paris, 2018 © Comité Nicolas de Staël