Les Arts Éphémères : une somptueuse treizième édition à Maison Blanche

De l’Art vivantVu par Zibeline

• 10 juin 2021⇒13 juin 2021 •
Les Arts Éphémères : une somptueuse treizième édition à Maison Blanche - Zibeline

Pour leur 13e édition, les Arts Éphémères de Maison Blanche à Marseille s’intéressent au monde du vivant et des organismes pluricellulaires. Les deux commissaires, Isabelle Bourgeois et Martine Robin ont choisi de citer en préambule un texte de 1973 de Claude Lévi-Strauss qui rappelle que l’homme est un être vivant comme les autres. Leçon de modestie bienvenue. Et elles choisissent le mot Métazoaire comme titre de l’édition 2021. Ainsi plus d’une vingtaine d’œuvres se sont installées dans le parc de la mairie du 9/10. Comme toujours le lien avec le thème n’est pas spontanément évident, mais les propositions sont variées et étonnantes. Et surtout les artistes se sont formellement sentis concernés par la protection de la nature et la recherche de matériaux non polluants et même recyclables. Leur enthousiasme et leur fantaisie nous entraînent à leur suite…

Ainsi Bernard Murigneux utilise des emballages pour construire des sculptures éphémères qu’il accroche dans les arbres du parc, comme d’immenses nichoirs, Constructions parasites dans l’espace urbain. Alexandre Kato, sponsorisé par Spontex, utilise des éponges destinées à la vaisselle pour construire des îlots sur une partie du plan d’eau, tandis que de l’autre côté Keen Souhlal nous fait rêver avec des miroirs qui reflètent le ciel, De concert. Deux artistes colombiens, Diego Ortiz et Hernan Zambrano installent des tuyaux en plastique récupérés pour éviter de consommer des matières premières. On apprécie particulièrement la démarche de Jérémy Gobé et de son projet Corail Artefact, un projet qui ambitionne d’aider à la régénération des coraux ; il utilise un béton respectueux de l’environnement pour créer des sculptures au motif vermiculé recouvertes de pigments, Anthropocène. Même préoccupation pour Hugo Bel qui utilise, lui, du plâtre et une poche à douille pour gâteaux, pour créer un décor de conte de fée avec son installation Le déjeuner sur l’herbe.

Coup de cœur pour la pièce de Côme di Meglio qui propose un élément de son projet Myco Temple particulièrement intéressant. Il s’agit d’une construction réalisée avec un matériau vivant, le mycélium, cultivé sur des déchets organiques comme le carton usagé, la sciure, avec lequel il fabrique des briques, douces au toucher. Il travaille en association avec Mycotopia, une association qui s’occupe de la culture des champignons et de la valorisation des déchets agricoles de la Région Sud. La construction aura au final trois mètres de haut sur six mètres de diamètre. À noter : elle pourra se recycler naturellement en retrouvant son milieu d’origine. L’artiste étant marseillais, nous aurons certainement l’occasion de voir l’œuvre achevée.

Notons que cette année les Arts Éphémères s’étendent à Istres, Plan de Cuques et Châteauneuf-le-Rouge en octobre et septembre et s’inscrivent dans le cadre du Printemps de l’Art Contemporain (PAC).

CHRIS BOURGUE
Juin 2021

Jusqu’au 13 juin au Parc Maison Blanche, Marseille
arts-ephemeres.fr

Photographie : Déjeuner sur l’herbe Hugo Bel © DR