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Deuxième édition du festival + de genres, porté par Klap Maison pour la danse

+ de genres et – de préjugés

• 13 mars 2019⇒4 avril 2019 •
Deuxième édition du festival + de genres, porté par Klap Maison pour la danse - Zibeline

La deuxième édition du festival + de genres, porté par Klap Maison pour la danse, veut construire la preuve de soi par la diversité de l’autre

« Découvrir l’éventail de l’humain par l’infinité de ses détails. » C’est la visée de + de genres, imaginé par Michel Kelemenis. Un événement « ouvert aux différences », selon les mots du chorégraphe et directeur de Klap Maison pour la danse. Au programme, plus d’une dizaine de propositions, des artistes venant aussi bien de Montpellier, Lyon, Marseille que de la scène européenne et internationale, de Luxembourg à Montréal ou New Delhi. Le spectacle d’ouverture, The Upside down man (The son of the road)de Mohamed Toukabri, arrive de Bruxelles. Visible par tous les publics, il confronte, dans une démarche autobiographique, identité culturelle et citoyenneté mondiale, à l’aide de danse, vidéo, texte et son. La Québécoise Mélanie Demers présente pour la première fois en France Animal Triste. Un quatuor qui interroge la spécificité de la condition humaine dans le monde animal qu’elle intègre tout en s’en extrayant.

Autre première française, The ephemeral life of a octopus de Léa Tirabasso. Inspirée par l’expérience vécue du cancer, la chorégraphe examine la dysfonction, le chaos et la force du corps, en associant danse, science et philosophie. La performance de Marianne Chargois et Matthieu Hocquemiller flirte elle aussi avec la médecine. Extime revisite le théâtre anatomique du XVIe siècle pour porter une réflexion contemporaine sur la mise en visibilité du corps et de l’intime. On retrouve le chorégraphe montpelliérain pour Let’s explicit/Auto-porn box, une soirée mêlant projections de courts-métrages et performances. Avec Horion, Malika Djardi transforme Adam et Eve en un duo de pantins grinçants et comique, entre poésie et brutalité.

Œuvre inclassable

Animé par les enjeux du collectif, le Portugais Marco da Siva Ferreira a écrit Brother pour sept danseurs et danseuses et traiter de la question de la transmission. La puissance et la fusion des interprètes dégagent à la fois un sentiment d’appartenance, de fraternité et de rivalité. Sous la forme d’une veillée performative, Trouble dans le genre d’Arthur Perole invite les spectateurs à un questionnement sur la construction individuelle et sociale sous le prisme du genre, à travers la libération des corps et de la parole. Endo est une œuvre inclassable, entre danse et « action painting » Avec sa complice Tamar Shelef, David Wampach puise dans l’endotisme, courant pictural initié par Bacon et Picasso dans les années 60-70. Couverts de pigments, les deux danseurs, portés par un beat électro, imaginent un rite chamanique contemporain autour de la notion de trace.

Lorsque Mandeep Raikhy écrit Queen-Size, il engage délibérément deux hommes dans l’illégalité selon le Code pénal indien qui, en 2016, criminalise encore l’homosexualité. Le spectacle, explicite mais pudique, milite pour le droit fondamental à l’amour à travers l’intimité des corps. Ce duo contribuera au mouvement ayant conduit à la dépénalisation des relations entre personnes de même sexe, fin 2018 en Inde. Une œuvre historique, en quelque sorte.

Maître des lieux, Michel Kelemenis dévoile Coup de grâce au public marseillais, avant sa création le 4 octobre prochain au Théâtre Durance. Une pièce en écho à la soirée du 13 novembre 2015, qui voyait les effroyables attentats parisiens et la première représentation de La barbe bleue du même chorégraphe. Quand la terreur est bousculée par la grâce.

Ludovic Tomas
Février 2019

+ de genres
13 mars au 4 avril
Klap Maison pour la danse, Marseille

Photo : Brother, Marco Da Silva Ferreira © José Caldeira


Klap
Maison pour la Danse
5 rue du Petit Versailles
13003 Marseille
04 96 11 11 20
http://www.kelemenis.fr/