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Crossover, du 23 au 25 août au Théâtre de Verdure de Nice

Crossover, 10 ans 100% francophone

• 23 août 2018⇒25 août 2018 •
Crossover, du 23 au 25 août au Théâtre de Verdure de Nice - Zibeline

Si le « croisement » a toujours bien lieu entre les genres, le festival Crossover, qui a reçu au cours de sa récente histoire Metronomy, Bonobo ou 2ManyDJ’s, se limitera lors de cette 10e édition aux frontières de l’hexagone et de la Belgique. « Cette année nous avons choisi de proposer une programmation 100% francophone, avec des artistes qui font l’actualité [et] représentent la scène musicale française aujourd’hui » assume Roxane Bessous, d’Allover, organisateur du festival. Tout en reconnaissant le casse-tête que représente le fait d’attirer les fameux « headliners » qui déplacent les foules sur les grands rendez-vous et ne peuvent se démultiplier à l’infini : « Il est difficile de réunir des artistes internationaux pour des questions de disponibilité et de tournée ». Ajoutons-y : « et de montant du cachet ». Avec l’arrivée récente dans le business de la scène de grands groupes internationaux (LiveNation, organisateur de Main Square à Lille et de Lollapalooza à Paris ou AEG qui a racheté Rock en Seine), les exclusivités et la surenchère des prix empêchent aujourd’hui les petits et moyens festivals d’intégrer ces têtes d’affiche à leurs « line-up ». Crossover bénéficie toutefois d’un regain d’intérêt du public pour cette scène francophone en pleine émergence, que ce soit en pop, chanson, rap ou électro.

Si Rone, Petit Biscuit et Polo&Pan symbolisent la belle attractivité « dancefloor » du festival niçois, Angèle en étant la garantie « chanson féminine de qualité », Lomepal incarne un renouveau du phénomène rap français qui semble extraire le registre de son ghetto social et culturel habituel. Côté chanson-slam, Eddy de Pretto avait déjà franchi un pas conséquent en traitant avec talent dans ses chansons des questions de genre. Mais le rappeur parisien le fait basculer dans une nouvelle ère, loin du machisme et des enfumeries du rap caillera-libéral. Sur des musiques « trap » lentes et climatiques, transposition en VF du rappeur US Drake, Lomepal pose un flow clair qui explore l’univers névrosé du rap urbain en évitant les clichés du gaillard qui assène son vide cérébral sans complexe. La pochette de son album Flip le montre maquillé mais c’est justement sans fard qu’il se présente, skateur paumé, rejeton désargenté de la petite bourgeoisie culturelle, mélangeant réflexions métaphysiques et quotidien un peu glauque. Pas falot ni palot, joueur et lucide, il donne au rap d’aujourd’hui de belles couleurs.

HERVÉ LUCIEN
Juillet 2018

Crossover
23 au 25 août
Théâtre de Verdure, Nice
festival-crossover.com

Photo : Lomepal -c- Julie Oona