Le théâtre de la Joliette-Minoterie marche du tonnerre de Dieu !

Création et événements

• 12 novembre 2013⇒13 novembre 2013, 21 novembre 2013⇒29 novembre 2013, 5 décembre 2013⇒7 décembre 2013 •
Le théâtre de la Joliette-Minoterie marche du tonnerre de Dieu ! - Zibeline

La saison du nouveau théâtre de la Joliette-Minoterie est lancée, et marche du tonnerre de Dieu !

Après Bleu ! de la Compagnie TPO qui a ravi le jeune public, Marseille Objectif Danse s’installe dans les lieux avec la venue exceptionnelle de la Trisha Brown Dance company, pour une reprise et revisitation des Early works de la grande dame de la post-modern dance américaine (les 12 et 13 nov).

Suivra la création de la Cie Provisoire, maîtresse des lieux. Haïm Menahem porte en lui ce texte depuis 2009, quand il a été traduit en français par Jörg Stickan : le récit d’Edgar Hilsenrath, écrit en 1980, est une logorrhée provocatrice, publiée d’abord aux États-Unis tant il s’apparente dans son impudeur à Bukowski, dans sa superbe à John Fante. Mais si le narrateur, double explicite de l’auteur, erre dans les nuits américaines au début des années 50, et s’affronte à la même misère sociale et sexuelle, il nous parle aussi d’autre chose : Edgar Hilsenrath revient des camps, juste après la guerre, et porte le lourd passé des Juifs d’Europe, qui ne s’efface pas dans le Nouveau monde. Cela s’appelle Fuck America, et pour ce solo Haïm Menahem sera accompagné aux saxos par David Rueff (du 21 au 29 nov).

Un autre événement pour clore un trimestre décidément exceptionnel, juste avant Dansem : la venue de Guy Cassiers (du 5 au 7 déc).

C’est la première fois que le grand metteur en scène flamand, habitué du Festival d’Avignon mais aussi de la scène nationale de Martigues, mettra les pieds à Marseille. Avec Orlando, adapté du roman de Virginia Woolf, mais à peine : on y entend tout le texte (en néerlandais sous-titré). Le travail de Guy Cassiers est ailleurs, dans la scénographie époustouflante qui transforme l’espace, la distance au corps de la comédienne, à sa voix, androgyne. Car Orlando, personnage inspiré par les travestissements Shakespeariens, traverse les siècles et change de sexe, visitant l’histoire et les mœurs, et imposant sur le monde le regard décalé et si ému de l’écrivaine. Et celui de la comédienne Katelijne Damen, incroyablement malléable, au regard extatique, dont on regrette seulement de ne pas comprendre la langue…

AGNÈS FRESCHEL
Novembre 2013

Photo : Orlando-©-Frieke-Janssens

Théâtre Joliette
2 place Henri Verneuil
13002 Marseille
04 91 90 74 28
www.theatrejoliette.fr