L'Opéra de Marseille dans toute sa splendeur

Couleur italienne… mais pas que !

L'Opéra de Marseille dans toute sa splendeur - Zibeline

Sur la place Reyer, l’Opéra municipal arbore derechef sa pierre blanche. Sa façade endimanchée n’avait plus brillé depuis la reconstruction du théâtre aux Années folles après l’incendie de 1919 : sa fière colonnade d’origine, vestige du XVIIIe siècle, et ses reliefs sculptés à l’attique, ses grilles redorées de blasons luxueux… La première phase de travaux est achevée en l’Année capitale. On attend désormais la seconde qui redonnera à la salle, les foyers et la scène, son lustre Art déco, quasi-unique au monde, et des conditions techniques de travail dignes d’un opéra d’aujourd’hui.

Aux commandes, les directeurs fraichement nommés, Maurice Xiberras (Direction Générale), et Lawrence Foster (Direction Musicale), fondent un socle prometteur en matière de qualité artistique, de rayonnement pour l’Orchestre, le Chœur, en coulisse, comme dans la fine cuisine des programmes.

Pour sa saison 2013-2014, ils affichent huit opéras et une dizaine de concerts symphoniques. À Marseille, on flirte depuis l’antan avec l’Italie et ses Maestros. De septembre à juin, on n’échappera pas à cette couleur-là : on aura les trois Grands ! Verdi avec des classiques populaires Aïda et La Traviata qui ouvriront et fermeront le rideau, Bellini et La Straniera pour une redécouverte depuis deux siècles et Donizetti avec son chef-d’œuvre Lucia di Lammermoor.

Au plafond du luxueux Grand Foyer, à condition de lever le museau, on découvre une vaste fresque sur la légende d’Orphée. Sa lyre magique, qu’on retrouve partout dans les ornements du bâtiment, est naturellement associée à la musique et la naissance de l’opéra. À deux reprises on goûtera au mythe, au retour avorté d’Eurydice du royaume des morts, dans sa version classique de Gluck, aventure à laquelle est associé le Ballet National de Marseille, et déjantée, signée Offenbach, pour les fêtes de fin d’année. C’est aussi une belle idée que d’afficher Le Roi d’Ys de Lalo, si belle œuvre de l’art français qu’on joue encore trop peu.

En matière de création, c’est à Jean-Claude Petit et Mérimée, revisité par Benito Pelegrin, qu’on fait appel pour faire chanter Colomba.

Les grandes voix ne manquent pas à l’appel de la Bonne-Mère : Patrizia Ciofi, Karine Deshayes, Ludovic Tézier, Marie-Ange Todorovitch, Béatrice Uria-Monzon, Inva Mula, Florian Laconi ou Anne-Catherine Gillet sont de la fête !

Concerts… et ballets !

Deux récitals «vedette» nous promettent les venues du «légendaire» baryton Leo Nucci, comme de la soprano Natalie Dessay dans un programme poétique, éclectique et latino.

C’est aussi de beaux opus, accessibles à toutes les sensibilités, qu’on entend, comme la 5e symphonie de Mahler ou le Concerto n°21 pour piano de Mozart, l’Apprenti sorcier de Dukas, une monumentale 9e symphonie de Beethoven, le Boléro de Ravel ou le Gloria de Puccini au Festival de musique sacrée… programme auquel on associe une création de Lionel Ginoux interprétée par le violoniste Nemanja Radulovic.

La danse, pendant historique de l’Opéra, retrouve une belle place à Marseille avec les venues d’«étoiles» de St-Petersbourg, du Ballet d’Europe, du BNM et de la compagnie Julien Lestel. La musique de chambre ne retrouvera son horaire du samedi à 17h qu’en janvier 2014, le CNIPAL y fêtera son 30e anniversaire et une collaboration naturelle se consolide avec Musicatreize ou le Gmem.

Premières dates

Les trompettes d’Aïda attirent tant qu’une «supplémentaire» est prévue, portant à six le nombre de ses représentations ! La mise en scène agrémentée de somptueuses  projections d’images, en guise de décor, est signée Charles Roubaud. Fabrizio Maria Carminati dirige Elena Pankratova, Sonia Ganasi, Zoran Todorovitch et Marco di Felice pour le quatuor de solistes (du 21 sept au 3 oct).

Après les Journées du patrimoine, et dans le cadre de la biennale «20 lieues sur la mer», on retrouve l’Ensemble Musicatreize et toute une foule de choristes pour la clôture du volet «Odyssée dans l’espace». C’est Zad Moultaka et Jesper Nordin qui livrent une création musicale autour du mythe de Sappho (Sappho’s Legacy le 26 sept à 20h)

Le premier concert symphonique se joue dans le cadre du cinquantenaire de la disparition de Jean Cocteau et Francis Poulenc. Mirelle Delunsch interprète La Voix Humaine, magnifique solo, monologue d’une femme, téléphonant, au bord du suicide… On entend aussi le Concerto pour deux pianos de Poulenc avec Momoyo et Mari Kodama (le 11 oct à 20h).

JACQUES FRESCHEL
Septembre 2013

Photo : Aida c Christian Dresse

 

Opéra de Marseille
2 Rue Molière
13001 Marseille
04 91 55 11 10
http://opera.marseille.fr/