PriMed sur la toile, revanche au confinement

Confinement en VOVu par Zibeline

• 28 avril 2020⇒14 mai 2020 •
PriMed sur la toile, revanche au confinement - Zibeline

Le Festival de la Méditerranée en images, PriMed, propose une programmation « spéciale confinement » disponible sur sa page Facebook.

Y seront à l’honneur les documentaires sélectionnés en 2018 et 2019, grâce aux réalisateurs et producteurs qui ont accepté de jouer le jeu du partage. Tout un calendrier nous invite à marquer le temps, à partir du 28 avril jusqu’au 8 mai. Chaque jour une œuvre nouvelle sera disponible durant une semaine. Ouvrira le bal (28 avril au 4 mai) Missing Fetine (à la recherche de Fetine) de Yeliz Shukri, qui évoque les milliers de filles exilées dont le sort est resté inconnu. Ainsi, l’enquête menée par la petite-fille du frère de Fetine Memish, vendue par son père dans les années 1935-36, suit les traces de la jeune fille dont la photographie émeut encore son frère. Une dénonciation sans pathos du traitement abominable infligé aux femmes mariées de force.

Le Grand Saphir, une révolte ordinaire de Jérémi Stadler (29 avril au 5 mai) brosse avec une belle énergie une galerie de portraits de ces « héros du quotidien » qui, à l’instar d’Emmanuel Laurin, « Le Grand Saphir », qui conjugue exploit sportif et protection de l’environnement, ramassent les déchets sur terre comme en mer, avec un militantisme généreux et ne se contentent pas de lancer l’alerte, mais agissent, à leur niveau, démontrant si besoin est que l’action est toujours possible et accessible à tous.

En face, du collectif franco-grec Cinemakhia (30 avril-6 mai), a reçu le prix Lucien Kimitété au Fifig. Il évoque l’arrivée des migrants sur l’île de Lesbos qui est située en face des côtes turques. Tous les jours, des milliers d’exilés débarquent sur la plage du cap Korakas, le premier village qu’ils traversent est celui de Kleio. Entre l’histoire contemporaine et celle plus ancienne, des habitants du lieu, eux-mêmes descendants des réfugiés venus « d’en face », en 1922 après le sac de Smyrne (actuelle Izmir) l’année de la « Grande Catastrophe », s’établit un curieux jeu de miroir où rejet et identification se mêlent, posant la question de l’accueil et de ses conséquences.

Le Trésor de Marisa Lafuente Esteso et Néstor Del Castillo (1er au 7 mai) offre une histoire emplie de tendresse, avec un grand-père qui a planté des arbres pendant trente ans et y amène sa petite-fille Véra. Métaphore de l’existence, de son sens, la marche en déambulateur sous les frondaisons des pins tient du voyage initiatique.

Hommage à Kobané de Soran Qurbani (2 au 8 mai) est un court-métrage bouleversant. Les images de la ville en ruine sont accompagnées des mots que Narine, jeune combattante de dix-neuf ans, adresse en une longue lettre à sa mère. Les décombres se peuplent de leurs fantômes, et les vols d’oiseaux évoquent une liberté détruite…

L’Europe au pied des murs d’Elsa Putelat et Nicolas Dupuis (3 au 9 mai) s’attache à observer les murs dont l’Europe s’entoure. Il ne s’agit pas seulement de grillages, de barbelés ou de béton, mais de cet arsenal invisible et pourtant coercitif constitué par les nouvelles technologies, dans lesquelles les entreprises de l’armement sont expertes. Un monde sous surveillance se dessine, qui permet une suprématie contrôlée sur le marché mondial…

Naissance-mariage-mort, trois étapes de la vie d’Asuman Atakul Firtina (4 au 10 mai) retrace les rites et les codes culturels qui accompagnent ces trois moments, dépeint les coutumes ancestrales qui connaissent une inévitable évolution dans la Turquie d’aujourd’hui. Témoignage précieux d’un temps qui se délite.

Le rêve des mineurs de Mohamed Kenawi (5 au 11 mai) tente d’approcher le phénomène général des mineurs migrants non-accompagnés à travers l’histoire de trois garçons qui ont choisi de quitter leur pays et se retrouvent en Italie, dans une structure qui les aide à se préparer à la vie nouvelle qui les attend. Leur superviseur les suit, et c’est par son regard que nous sommes amenés à mieux comprendre les motivations de ces jeunes gens ainsi que les lois qui régissent leur venue et leur intégration à leur nouvelle contrée.

Gurs, histoire et mémoire de Verόnica Sáenz Gimenez (6 au 12 mai) nous remet en mémoire l’exode des réfugiés espagnols fuyant le franquisme. Le camp de réfugiés de Gurs, situé dans les Basses-Pyrénées près d’Oloron-Sainte-Marie, fut construit pour héberger les Républicains espagnols et les combattants des Brigades internationales, les paroles de ceux qui l’ont vécue viennent faire revivre cette histoire.

Les pieds-noirs d’Algérie, une histoire française de Jean-François Delassus (7 au 13 mai) revient sur le sort du quasi-million de Français d’Algérie qui ont dû s’exiler à la fin de la guerre d’indépendance de l’Algérie en 1962. Les conditions de leur départ, de leur arrivée, de l’accueil qui leur a été réservé, des légendes qui ont entouré leur statut, leurs vies, sont évoquées par les paroles croisées de rapatriés, d’historiens, d’Algériens… une relecture d’une époque finalement méconnue.

Les Ulysses du 21ème siècle de Lidia Peralta Garcia (8 au 14 mai) rend compte de l’émigration marocaine (l’un des taux les plus élevés au monde) à travers le cinéma depuis les années 50. Témoin à la fois documentaire et fictionnel, le septième art suit les grandes étapes migratoires et apporte un regard précis, documenté et d’une grande humanité.

MARYVONNE COLOMBANI
Avril 2020

28 avril au 14 mai
facebook.com/PriMed.Festival.documentaire.mediterranee/

Photographie : En face © Les Batelières Productions