Le nouveau film de Valérie Donzelli, La main dans la main

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L’équipe du nouveau film de Valérie Donzelli était au cinéma Cézanne à Aix, pour présenter en avant-première, La main dans la main. C’est  dans une grande complicité qu’ils ont présenté cette comédie qu’ils ont commencé à écrire pendant le montage de La Guerre est déclarée. Un scénario que Valérie Donzelli a écrit pour Valérie Lemercier que connaît bien Jérémie Elkaim, et auquel a collaboré aussi Gilles Marchand pour « son côté brillant », a  précisé la réalisatrice.

Un film tourné avec une petite équipe, très mobile, dont les techniciens sont « moins formatés », s’enthousiasme Valérie Lemercier qui a vu et adoré La Reine des pommes.

« Un tournage fatigant mais plein d’énergie. Un film libre. Pour faire des films différents, il faut aussi qu’ils soient fabriqués de manière différente.» Et Jérémie d’ajouter : « Valérie Donzelli est très libre et le fait qu’elle ne respecte pas la règle  produit une double lecture. C’est elle qui a eu l’idée de mettre en scène la fusion par cette  chorégraphie et puis de passer dans un autre registre. »

En effet, le film qui veut avant tout traiter du rapport fusionnel, sous différentes formes,  commence comme un film fantastique : un frère et une sœur, Joachim (Jérémie Elkaim) et Véro (Valérie Donzelli),  habitent encore ensemble ;  Hélène (Valérie Lemercier) et Constance (Béatrice de Staël) sont dans un rapport d’amitié exclusif.  Soudain, par hasard, après un baiser foudroyant, Hélène et Joachim qui viennent de milieux complètement différents, tombent sous un charme et se  retrouvent liés, collés au sens premier du terme, faisant les mêmes gestes, dans une cohabitation forcée. C’est un pari risqué qui peut laisser le spectateur sur la touche. Mais la deuxième partie du film est beaucoup plus convaincante, donnant plus de place à l’émotion et s’attachant à l’évolution de personnages qui se découvrent les uns aux autres. Les acteurs sont tous formidables. Valérie Donzelli est « craquante »  dans sa volonté de gagner son concours de danse. Valérie Lemercier, en professeur de danse coincée, qui va peu à peu sortir de sa carapace et se dénuder, est surprenante. Quant à Jérémie Elkaim, il crève l’écran : en employé d’un miroitier de province, sur son skate, ou en… collant de petit rat de l’Opéra. La séquence où il interprète The man I love de Gershwin dans la langue des signes devant Hélène est magnifique : « C’est une chorégraphie de Pina Bausch que Gilles Marchand m’a montrée, a précisé la réalisatrice. Je  me suis dit que ce serait beau que Joachim la refasse à l’identique et qu’Hélène se demande où il a découvert ça. Quand elle le questionne : « Il y a d’autres choses que vous trouvez belles comme ça ? », il lui répond : « oui ». Ce oui, c’est elle, Hélène. »

On  retrouve avec bonheur  le style de Valérie Donzelli, la légèreté, l’énergie des plans, des images tournées en super huit qui tranchent avec les autres, et d’où émane un peu de nostalgie, des morceaux de musique composés par Peter von Poehl, des chansons, en particulier celle d’ Elli et Jacno, Main dans la main.

ANNIE GAVA

Décembre 2012

 

Le film sort en salle le 19 décembre

 

Cinéma le Cézanne

08.92.68.72.70

http://www.lescinemasaixois.com/