Chorégies d'Orange : deux Verdi, Nabucco et Otello, et Carmina Burana se partagent le plateau au pied du mur antique

Chorégies d’Orange

• 9 juillet 2014⇒5 août 2014 •
Chorégies d'Orange : deux Verdi, Nabucco et Otello, et Carmina Burana se partagent le plateau au pied du mur antique  - Zibeline

Aller à Orange, c’est aimer la pierre du théâtre romain qui grimpe en degrés et s’assombrit dans la lumière rougeoyante du coucher du soleil, à l’heure chaude où les voix prennent miraculeusement des résonances insoupçonnées, transpercent l’air de plus en plus clairement au fur et à mesure que l’obscurité se fait…
Aller à Orange, c’est vibrer aux premières harmonies de l’ouverture d’un opéra, lancé à baguette tournoyante du maestro, c’est avoir peur que l’orchestre ne mange le coffre fragile des solistes tant il  sonne en exergue, au centre de l’édifice, et fait naturellement écran entre la scène démesurée, au pied de l’abrupt mur de fond, et les impressionnants gradins garnis de milliers d’âmes qui lui font face…
Aller à Orange, c’est jubiler lorsque, justement, l’exceptionnel se produit, que le chanteur parvient à franchir l’obstacle, se fraye un chemin dans la masse symphonique en direction de chacun. C’est aimer l’émotion partagée, cette communion à l’art qui nous transporte auprès d’une troupe d’esclaves chantant sa libération ou dans la folle intimité d’un Maure dévoré par la jalousie…
Aller à Orange, c’est avoir les yeux qui brillent devant les scènes de foules et ses ballets, les oreilles qui vibrent au volume d’un grand chœur, le souffle qui halète à la faveur du son aérien d’une soprano…
Aller à Orange en 2014, c’est doublement célébrer Verdi !
Son célèbre «va pensiero» composé à l’heure du Risorgimento, est mis en scène par Jean-Paul Scarpita avec l’Orchestre National de Montpellier dirigé par Pinchas Steinberg, les voix de Martina Serafin, Karine Deshayes ou Georges Gagnidze (Nabucco, les 9 et 12 juillet).
Et son chef-d’œuvre tiré de Shakespeare affiche un plateau de stars : Inva Mula, Roberto Alagna, Seng-Hyoun Ko… dirigés par Myung Whun Chung à la tête de l’Orchestre de Radio-France dans une mise en scène de Nadine Duffaut (Otello, les 2 et 5 août).
C’est aussi prendre en pleine face l’«O fortuna» néo-païen initial, obsédant, de la cantate scénique Carmina Burana de Carl Orff dirigée par Michel Plasson, avec l’Orchestre National de Bordeaux, le Chœur de l’Orféon Pamplonés et la Maîtrise des Bouches du Rhône (le 17 juillet).
Deux concerts lyriques encadrent enfin les Chorégies cet été : celui des Révélations classiques de l’Adami (le 9 juillet à 18h, Cour Saint-Louis) et du duo Patrizia Ciofi & Daniela Barcellona dans un programme annonçant du pur bel canto (le 4 août).

JACQUES FRESCHEL
Juin 2014

Les Chorégies d’Orange
du 9 juillet au 5 août
04 90 34 24 24
www.choregies.fr

Photo : © Philippe Gromelle Orange