Programme culturel -Onzième édition du Festival Zin Zan à Fontvieille
Journal Zibeline - bannière pub Journal Zibeline - bannière pub Journal Zibeline - bannière pub

Onzième édition du Festival Zin Zan à Fontvieille

Chantez Zin, dansez Zan

• 17 août 2018⇒19 août 2018 •
Onzième édition du Festival Zin Zan à Fontvieille  - Zibeline

Festival nomade parfois malgré lui, Zin Zan entame sa deuxième décade à Fontvieille, dans les Alpilles. On peut s’implanter à quelques encablures du moulin de Daudet, défendre les musiques et danses patrimoniales des pays d’Oc tout en étant de jeunes trublions décalés. C’est tout cela l’esprit zinzanesque de Tapenade, l’association porteuse du festival « trad » le plus déjanté de Provence. Ici, pas de préjugés ni d’étiquettes. On vient faire la fête en s’étonnant parfois combien une culture minorisée peut être actuelle et vivante. La soirée type au Zin Zan commence à l’église, par un concert où est privilégié le chant, et se poursuit sur la piste des arènes avec un balèti et autres réjouissances musicales festives.

Au programme de cette onzième édition, Tant que li Siam, trio vocal formé sur les flancs du mont Ventoux, qui donne vie à un répertoire de chants polyphoniques, composé à partir de poèmes populaires de langue provençale. Tant que li Siam célèbre de manière enjouée la diversité d’une terre et de ceux qui y vivent. Attention monument. Pèire Boissière est une des références en matière de chant d’inspiration traditionnelle en pays d’Oc. Imprégné des collectes qu’il a lui-même (ou d’autres) effectuée auprès de chanteurs et chanteuses rencontrés en Auvergne, Agenais et Gascogne, Il continue d’interpréter, à sa manière et plus de quarante ans plus tard, de la chanson dite traditionnelle. Un répertoire qu’il puise chez les troubadours, dans les romances judéo-espagnoles et catalanes ou dans la chanson française (Bobby Lapointe, Charles Trenet…).

Place à la danse avec quatre formations réputées pour faire user les planchers. Le cabretaire et violoniste Michel Esbelin, l’accordéoniste Ludovic Rio et le banjoïste Olivier Sulpice (par ailleurs membre du groupe Debout sur le zinc) forment le trio Flor de Zinc qui met à l’honneur les musiques et danses auvergnates et d’au-delà. On reste en Auvergne avec Kabbak qui revisite avec originalité et modernité le mythique couple cabrette-accordéon, au service de leurs propres compositions. Le territoire s’élargit grâce aux truculents et savoureux Tripoux – encore un trio – qui remettent au goût du jour un répertoire allant de l’Ariège aux Landes, en passant par l’Auvergne, la Montagne noire, le Béarn, le Quercy et le bal musette. Autres musettes, mais l’instrument à vent et à anche composé d’une peau de mouton, et vielle à roue alto, c’est l’assemblage du duo Face à Phasmes, formé par Lucien Pillot et Joanny Nioulou. Ils proposent un savant dosage de danse, de rythme, de swing, de bourdons et de mélodies qui s’inscrit dans une continuité des musiques traditionnelles en perpétuelle évolution.

À Zin Zan, on le répète, pas de sectarisme. Inutile de connaître les pas du rigodon ou de la mazurka pour profiter pleinement du baloche. Néanmoins quoi de plus réjouissant que de maîtriser la bourrée à trois temps et la scottish pour inviter les partenaires à la volée. Pour cela, rien de plus efficace qu’un stage de danse – mais aussi de chant –encadré par les artistes du festival. Enfin, un troisième jour sous forme de off, appelé le NazNiz, toujours un peu énigmatique car plus ou moins improvisé. Il y est recommandé d’amener son instrument. On ne sait jamais.

LUDOVIC TOMAS
Août 2018

Festival Zin Zan
du 17 au 19 août

Divers lieuxFontvieille (13)
06 26 32 97 37  zinzan.festival.sitew.fr

Photographie : Baleti ZinZan © H. Maquet