L'été de la Maison Jean Vilar, à Avignon

Cet été on reste à la Maison !

• 1 juillet 2018⇒31 août 2018 •
L'été de la Maison Jean Vilar, à Avignon - Zibeline

Le nouvel élan amorcé l’été dernier à la Maison Jean Vilar se confirme avec une multitude de propositions dans un bâtiment rénové.

Il est là, il est retrouvé, revenu, le mobile de Calder, star de la Maison Jean Vilar. Créé par le plasticien comme élément de décor de la pièce Nucléa d’Henri Pichette en 1952 (mise en scène par Jean Vilar au TNP), il trône au plafond du hall tout beau tout neuf, cloisons abattues, couleurs rouge et bleu, signature du graphiste Jacno qui élabora toute la signalétique des débuts du Festival d’Avignon, volumes spacieux : un véritable saut dans le contemporain, doublé d’un retour aux sources affirmé, belle entrée en matière pour ce lieu dévolu à la mémoire et la transmission du théâtre populaire. Nouvel espace, nouveau projet, salué par les discours de Cécile Helle, maire d’Avignon, Olivier Py, directeur du Festival d’Avignon, et Michel Bissière, conseiller régional, lors de l’inauguration de l’exposition Cabu, le théâtre à main levée (jusqu’au 21 décembre).

Des histoires à vivre

Les 34 croquis du dessinateur de presse proposent de suivre Cabu dans les coulisses de sa passion pour le théâtre. Il s’y rendait plusieurs fois par semaine depuis les années 60, pour ses articles politiques (Canard enchaîné), critiques (Hara Kiri et Charlie Hebdo), illustratifs (Le Figaro), ou tout simplement… pour le plaisir. Son regard était acerbe et amoureux. Il attrapait un rictus, une série de chapeaux posés sur des collets montés de spectatrices, ou Ariane Mnouchkine, reconnaissable « parmi les spectateurs qui évoluent au milieu des tréteaux, surveillant ses comédiens ». Dans le noir des représentations et au fil des années, le trait s’épure et s’émancipe, le théâtre se libère aussi : les dessins nous racontent une certaine histoire de la scène et du public.

Le 11 juillet, l’Histoire cognera encore à l’Hôtel de Crochans, qui propose une rencontre autour de « L’été 1968 et nous », pour une mise en perspective des remous qui avaient bouleversé le Festival de l’été 68 et de leurs résonances, résurgences, dans nos pratiques théâtrales aujourd’hui. (Antoine de Baecque, Denis Guénoun, Didier Ruiz,…). Le 12 juillet, une journée d’hommage à Jack Ralite devrait nous rappeler comment, entre défense de la création et souci de partage, le ministre communiste de la santé sut réinventer l’idée même d’une politique culturelle.

Affiches, pages et ondes

Olivier Py nous dira Une Histoire du Festival d’Avignon en 72 affiches (8, 15 et 23 juillet). Au rythme d’une image par an, les affiches élaborent la légende de chaque été avignonnais, les tendances, les évolutions des canons théâtraux. Une histoire qu’Olivier Py décryptera sur scène.

Des rencontres autour « Des auteurs et des livres » dans la Librairie du Festival, installée cette année au rez-de-chaussée du bâtiment (13, 14, 15, 16 juillet), animés par Raphaël Baptiste de la radio L’Écho des planches, chaque fois autour d’un thème (Théâtre de la cruauté, Théâtre et prison, Théâtre et féminisme…)

L’ADAMI s’invite aussi à la Maison : pour la 5e année, la société gestionnaire des droits des artistes interprètes propose à un metteur en scène de créer un spectacle original avec dix jeunes comédiens sélectionnés dans le cadre du dispositif « Talents Adami ». En 2018, Samuel Achache relève le défi et réalise l’adaptation radiophonique d’une pièce créée à l’automne 2017, inspirée de la nouvelle fantastique d’Edgar Allan Poe, La Chute de la maison Usher (répétitions publiques les 22 et 23 juillet).

Dames d’Avignon

Hommage sera rendu à Sonia Debeauvais, collaboratrice de Jean Vilar, « reine-ouvrière d’Avignon et de Chaillot » (10 juillet, avec les témoignages de Jacques Nerson, Jacques Tephany, Jean-François Perrier…).

L’événement estival de la Maison Jean Vilar sera l’exposition consacrée à celle qui fit vibrer le cœur des festivaliers depuis sa première édition : Je suis vous tous qui m’écoutez, Jeanne Moreau une vie de théâtre. Des débuts avec Jean Vilar, jusqu’à 2011 avec Etienne Daho, Jeanne Moreau a habité le Festival. Présence forte, sensuelle, déterminée – féminine. Laure Adler assure le commissariat de ce parcours immersif (scénographie Nathalie Crinière), qui débute dans la loge de la comédienne, nous emmène sur la scène du Palais des Papes, au son de sa voix qui se raconte et nous emporte.

ANNA ZISMAN
Juin 2018

Photo : Jeanne Moreau dans le Prince de Hombourg © A. Varda


Maison Jean Vilar
8 rue de Mons
84000 Avignon
04 90 86 59 64
www.maisonjeanvilar.org