Le programme d'automne au Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée

Ce qui affleureVu par Zibeline

• 30 octobre 2020⇒30 novembre 2020 •
Le programme d'automne au Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée - Zibeline

Suite aux mesures de reconfinement, le Mucem et son Centre de conservation et de ressources sont fermés au public à partir du 29 octobre, jusqu’à nouvel ordre. Le musée continuera toutefois à proposer des contenus culturels en ligne, conférences, visites virtuelles, focus sur ses collections, tutoriels, découverte de l’architecture et des jardins, coulisses, podcasts, replays… Dans cette optique, l’avant-première virtuelle de l’exposition Folklore, mardi 3 novembre à 19h, est maintenue, en direct sur la page Facebook du Mucem et sa chaîne YouTube.


Le Mucem a, en réponse aux mesures sanitaires, trouvé un protocole efficace mais pas trop contraignant, qui permet au public de visiter sereinement ses espaces. Sur le site du J4, la belle exposition anthropologique Vêtements modèles est en place jusqu’au 6 décembre ; L’Orient sonore, jusqu’au 4 janvier ; La Flore de A à Z jusqu’au 11 janvier.

Avant le lancement, le 21 octobre, de Folklore, conçue en partenariat avec le Centre Pompidou-Metz, c’est au Centre de conservation et de ressources de l’établissement, rue Clovis Hugues à la Belle-de-Mai, que s’ouvre la nouveauté de cette rentrée, Affleurements. L’aboutissement d’un projet de coopération européenne mené sur deux ans (2018-2020) par plusieurs institutions culturelles, dont le Mucem. Excavating Contemporary Archaeology a donné lieu à des résidences d’artistes croisées, avec l’ambition de relier création contemporaine et patrimoine. La commissaire Hélia Paukner présente jusqu’au 8 janvier les travaux d’Amalie Smith, Sammy Baloji, Cristina Lucas et Francisco Tropa. La première, lors de son séjour à Chypre, fut impressionnée par les reliefs méditerranéens et certaines statuettes d’argiles de l’Âge de Bronze appartenant au musée de Nicosie. Son installation vidéo remonte le temps, et répond étrangement à celle de Cristina Lucas, tournée sur le rivage de la même île. Frappée par la scission géopolitique entre Orient et Occident qui la sépare depuis les années 1970, celle-ci a demandé à deux poètes, un grec (Sofronis Sofroniou) et une turque (Tugçe Tekhanli), de nommer les vagues, symboles à la fois d’impermanence et d’éternité. L’effet est saisissant ! Sammy Baloji, lors de sa résidence au Danemark, a quant à lui travaillé sur les traces du passé colonial au Congo, en s’appuyant notamment sur la cartographie d’époque, où les toponymes africains sont effacés, au profit des ressources minières. L’artiste portugais Francisco Tropa enfin, lors de son séjour marseillais, a élaboré tout un dispositif créatif avec des collégiens. Déjà présenté à l’automne dernier, il complète avec finesse et une touche de fiction cette exposition.

Autres événements

Le Mucem reçoit cet automne Tous en sons !, festival de musique « destiné aux jeunes mélomanes de 9 mois à 90 ans ». La 2e édition se tiendra en décembre mais un prélude aura lieu du 21 au 23 octobre, avec le trio Bab Assalam et la Cie Rassegna. Le musée poursuit également ses partenariats coutumiers, en accueillant pour les vacances de la Toussaint trois spectacles du festival jeunesse En ribambelle ! (du 24 octobre au 1er novembre, tandis que la Semaine de la pop philosophie retrouve ses quartiers le 4 novembre, autour de la figure du zombie.

En attendant ces réjouissances, c’est bien connu, pour espérer discerner quoi que ce soit dans le futur il vaut mieux connaître le passé… Raison de plus pour aller écouter le paléoanthropologue Yves Coppens et ses invités, qui interviendront sur le thème de l’avenir les 17 et 18 octobre (alerte de dernière minute : la venue du scientifique est annulée). La pandémie de Covid19 aura décidément donné aux équipes du Mucem l’envie de se pencher sur le fameux « monde d’après ». Cela passera par un cycle de rencontres, le lundi soir, de novembre à avril. Le premier de ces Lundis d’après aura lieu le 2 novembre : il interrogera par le biais des archives les récits médiatiques et narrations intimes centrés sur la crise sanitaire. Concernant le destin de nos sociétés, de belles pistes de réflexions seront préalablement ouvertes par l’Université populaire itinérante de la Fondation de l’Islam de France, qui propose le 16 octobre un grand débat sur la « deuxième religion de France ».

Enfin, pour ceux qui pensent que si avenir vivable il doit y avoir il passera par les plantes, notez la date du 30 octobre. L’artiste Uriel Orlow donne rendez-vous au Mucem pour présenter son projet Theatrum Botanicum, où il aborde des sujets passionnants, tels que « le nationalisme botanique, la migration et l’invasion des espèces, le biopiratage et la diplomatie des fleurs pendant l’apartheid ».

GAËLLE CLOAREC
Septembre 2020

Affleurements
jusqu’au 8 janvier

Photo : Les poètes Sofronis Sofroniou et Tugçe Tekhanli dans la vidéo Waves -c- Cristina Lucas

Mucem
Môle J4
13002 Marseille
04 84 35 13 13
mucem.org