L’Italienne à Alger de Rossini à l’affiche à l’Opéra de Marseille jusqu’au 6 janvier

Ce que l’Italienne dévoile ?Vu par Zibeline

L’Italienne à Alger de Rossini à l’affiche à l’Opéra de Marseille jusqu’au 6 janvier - Zibeline

« Cruda sorte ! » (sort cruel !) chante Isabella alors que sa voile vient d’échouer sur un récif au large d’Alger et que les corsaires au service du Bey vont en faire l’esclave, la favorite… Mais illico, elle poursuit : « oui, oui.. je sais comment m’y prendre pour dompter les hommes ! ». Tout est dit de cette Italienne-là, dès qu’elle entre en scène : elle mènera la danse, fera de son Mustafa un jouet et… coup de théâtre, comme on n’en trouve que là, retrouvera son Lindoro adoré qui se languit pour elle, précisément… à Alger !

Il faut de la fantaisie, du rythme dans la mise en scène pour monter ce Rossini-là : celle de Nicola Berloffa en regorge. On suit l’argument au tempo de pivotements des décors et d’un renversement de valeurs : le sultan cruel devient l’esclave d’une femme libre qui soulèvera peut-être, en ricochet, le voile que portent celles du sérail… ?

Et pour cette comédie-là, il faut des voix à la technique sans faille, autant que des acteurs sachant rendre hilarantes les situations que la musique sus-tend dans les duos d’anthologie, les turqueries et bouffonneries. On a été servi à l’Opéra de Marseille à la veille de la Saint-Sylvestre !

L’Italienne de Marie-Ange Todorovitch est une femme mûre, connaissant par cœur celui des hommes, espèce d’icône de cinéma ayant toujours eu ces derniers à ses pieds. Autour d’elle, la distribution est somptueuse. Frédéric Antoun est un ténor idéal pour chanter l’amoureux rossinien : il remporte la palme en compagnie d’Alex Esposito qui, malgré une forte laryngite le soir de la première, a fait du maître algérois le patron du plateau. Edouarda Melo, délicieuse soprano en épouse éconduite (pas si soumise !), Marc Barrard, Carol Garcia et Patrick Delcour participent à la réussite de l’ouvrage, à laquelle il faut associer le Chœur d’hommes & l’Orchestre de l’Opéra conduits avec précision et légèreté par Giuliano Carella.

JACQUES FRESCHEL
Janvier 2013

Opéra de Marseille
2 Rue Molière
13001 Marseille
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