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Week-end marionnettes au Théâtre d'Arles, les 8 et 9 janvier

Ce monde e(s)t le notre

• 8 janvier 2016⇒9 janvier 2016 •
Week-end marionnettes au Théâtre d'Arles, les 8 et 9 janvier - Zibeline

C’est une rentrée tout en délicatesse que concocte le Théâtre d’Arles, avec un week-end marionnettes programmé les 8 et 9 janvier. Deux spectacles se succèderont tout au long des deux jours, dès 9h le 8 et dès 15h le 9, pour permettre de les voir à la suite l’un de l’autre.

Dans la petite salle, Ezequiel Garcia-Romeu installe Le Petit théâtre du bout du monde, son dernier spectacle tout juste créé (début novembre au Théâtre National de Nice), une installation habitée de multiples créatures, les marionnettes qu’il a créées et qu’il manipule. Contrairement à ses précédentes créations, qui s’appuyaient sur un texte joué par des comédiens, celle-ci ne fait appel qu’à des marionnettes, qui sont tout à la fois les personnages d’une histoire et les acteurs d’une machinerie, une scénographie qui se donne à voir entièrement. Dans une boîte construite sur deux niveaux, autour de laquelle le public est amené à se déplacer et qui lui permettra d’avoir autant de points de vue et de compréhensions différentes des histoires esquissées, la vie va doucement s’animer. Dans une succession de tableaux poétiques, tous attendront de s’éveiller, se découvriront et découvriront les spectateurs. Comme par un effet de miroir, chacun nous renverra le monde tel qu’il est maintenant, faisant appel à notre imaginaire. Il ne s’agit pas pour autant de raconter l’histoire de chacun -une femme qui attend un bus, un homme entouré de sac, une vieille femme qui rêve…- mais de provoquer une réflexion, d’instaurer un dialogue intérieur, souligné par les sons foisonnants qui émanent d’une multitude d’appareils à l’esthétique futuriste. Entre humour et noirceur la poésie surgit, qu’accompagnent ces êtres intrigants, déroutant sans doute, mais infiniment humains.

C’est sur la scène du Théâtre que prendront place les marionnettes très épurées d’Uta Gebert. Dans un paysage enneigé, après une accalmie, deux personnages se font face : sur un couloir étroit et énigmatique, un marcheur transi par le froid se trouve confronté à un inconnu qui l’empêchera de passer. Entre peur et rébellion, il va révéler sa volonté de passer outre cet interdit en imposant en retour sa propre vision des choses. Uta Gebert s’est inspirée d’une nouvelle de Franz Kafka, Devant la loi, n’en gardant que les deux protagonistes emblématiques, celui qui veut franchir la porte et celui qui l’en empêche. Limen, du latin le seuil, met en scène les marionnettes qu’elle a construites et qu’elle manipule en arrière-plan avec une gestuelle très précise, minimaliste, dans une lenteur volontaire qui laisse toute sa place à l’imagination et à la contemplation. La musique envoûtante d’Ulrich Kodjo Wendt et Mark Badur vient souligner la poésie visuelle, quasiment dénuée de mots, de ce haïku marionnettique.

DOMINIQUE MARÇON
Décembre 2015

Week-end marionnettes
les 8 et 9 janv
Théâtre d’Arles

Photo : Le Petit théâtre du bout du monde -c- Nathalie Sternalski et Limen -c- S. Neves

Limen-c-S.-Neves


Théâtre d’Arles
43 rue Jean Granaud
13200 Arles
04 90 52 51 55
www.theatre-arles.com