Le Festival de Danse de Cannes, du 20 au 29 novembre, scelle la relation entre la ville du cinéma et l’art de la danse

Ça danse à Cannes

• 20 novembre 2015⇒29 novembre 2015 •
Le Festival de Danse de Cannes, du 20 au 29 novembre, scelle la relation entre la ville du cinéma et l’art de la danse - Zibeline

Grand parmi les grands, le Festival de Danse de Cannes, fondé en 1984, scelle la relation entre la ville du cinéma et l’art de la danse, magnifiée par le Centre de danse International Rosella Hightower ouvert en 1961. Les créations fleurissent, les nouveaux talents se découvrent là, apportant leur sève à la danse contemporaine. L’histoire même du Festival rend compte de l’évolution de l’art noble. Au rythme d’une biennale depuis 1993, les grandes compagnies internationales viennent au rendez-vous. Succédant à Frédéric Flamand, Brigitte Lefèvre, danseuse, chorégraphe, directrice de la danse de l’Opéra National de Paris jusqu’en 2014, reprend le flambeau de la direction artistique pour les éditions 2015 et 2017, proposant au public un voyage poétique et esthétique «sur les territoires nuancés de la danse d’aujourd’hui, dans toute sa vivacité». Évènement phare de l’année de la Corée en France, la Compagnie Nationale de Danse de Corée présente Vortex du chorégraphe finlandais Tero Saarinen, parcours envoutant vers «le mystère ou de lointaines origines du monde». Deux voix de femmes soulignent, par la présence du souvenir, l’inscription du temps dans les corps avec Palimpseste de la Cie Michèle Noiret sur le Solo de Stockhausen et Dentro de la Cie Catherine Diverrès. Soulèvements, fluidité portés par la musique de Peter von Poehl habitent Waves par Via Danse (CCN Franche-Comté à Belfort) de Héla Fattoumi et Éric Lamoureux. C’est un hommage à l’obscurité que dessinent sur les Nocturnes de Chopin les deux solistes Julie Guibert et Kerem Gelebek (I.C.I. du CNN Montpellier Languedoc-Roussillon de Christian Rizzo) avec la création ad noctum. Le Ballet du Capitole de Kader Belarbi revisite le conte de madame Leprince de Beaumont, et en inverse le titre : La Bête et la Belle… Le Groupe Grenade de Josette Baïz apporte sa fougueuse et talentueuse jeunesse à l’interprétation d’extraits (Bagouet, Trisha Brown…), Guest II. Quintessence slave, avec un contemporain qui joue avec le classique pour Tatyana de la Cie Déborah Colker, tandis que la Cie Hiatus de Daniel Linehan propose une étonnante réflexion sur la marche avec le titre énigmatique dbddbb. Le Ballet opéra de Lyon de Yorgos Loukos consacre son programme au génial chorégraphe contemporain Jiři Kylián. La Compagnie Nationale de danse d’Espagne, dirigée par José Carlos Martinez, offre une Carmen passionnée… Celle d’Hervé Koubi, qui vous aura déjà entraîné dans un Bal Flash dominical, nous fait remonter le temps avec Les nuits barbares ou les premiers matins du monde. Belle illustration d’une des plus grandes écoles de danse au monde, l’École de danse de l’Opéra de Paris, qui se livrera à une démonstration sur Aunis de Jacques Garnier et Soir de Fête de Léo Staats. À cela ajoutez des master-class, des colloques dans lesquels la parole est donnée aux danseurs et aux chorégraphes, et une innovation, une Plate-forme Studiotrade, confiée à Eric Oberdorff, membre fondateur de ce réseau, qui soutient la diversité de la scène européenne indépendante. L’humain reste l’objet essentiel. La danse dote les corps d’une dimension qui les transcende…

MARYVONNE COLOMBANI
Novembre 2015

Festival de Danse de Cannes
du 20 au 29 nov
Cannes
04 92 98 62 67
www.festivaldedanse-cannes.com

Photo : Tatyana de la Cie Deborah Colker -c- X-D.R.