Antoine D’Agata présente White Noise au Cabaret Aléatoire, le 17 février à Marseille

Bruit blanc, images sombres

Antoine D’Agata présente White Noise au Cabaret Aléatoire, le 17 février à Marseille - Zibeline

Né à Marseille en 1961, Antoine D’Agata y a certainement puisé son goût pour une humanité perdue, aux frontières du sordide, entre errance et prostitution, qui nourrit son esthétique brute. Son éducation photographique au début des années 90 auprès des New-Yorkais Nan Goldin et Larry Clark aura confirmé ces inclinations. Depuis, ses images bougées, toujours très sombres, à la beauté paradoxale, sont généralement capturées, voire volées, dans une expérience-limite du corps, du sexe et des drogues. Le danger n’est jamais loin. « Le risque fait partie de ma pratique mais il est anodin comparé aux destins violents et aux existences malmenées de ceux que je croise nous confiait-il alors qu’il préparait le projet Odyssée pour le Mucem en 2013. C’est à mon sens le prix à payer pour ne pas se retrouver en position de voyeur. Le risque est un antidote au cynisme, il me permet de remettre en question, en permanence, la réalité de mon engagement artistique. » Cambodge, Mexique ou Paris, quelles que soient les latitudes sous lesquelles croise l’auteur de Mala Noche qui a intégré l’agence Magnum en 2004, le sujet demeure le même dans l’œil de son Leica : extraire les forces vives des êtres rencontrés, parfois furtivement, pour les projeter dans ses clichés. Et il en va de soi pour ses films. Dans le cadre de La Nuit Éprouvée à la Friche, il présente White Noise, une installation à partir de son long-métrage (3h55) du même nom projeté sur 18 écrans, pour un événement exceptionnel se déroulant dans un lieu de nuit et sonorisé par Mic&Rob du collectif strasbourgeois La Bande Adhésive. Ce travail, qui a pour thème principal la prostitution, a été présentée sous ce format à Salò#1 à Paris il y a un plus d’un an, avec la même idée d’inclure le spectateur dans une œuvre totale qui se joue dans la temporalité et la réalité noctambule : « Je souhaite mélanger la vie à la vie, déclare l’artiste à ce propos, déranger le confort de la fête, contaminer les esprits quand les corps sont sujets à la transe, à l’excès, à l’intensité ». C’est interdit aux -18 ans, âmes sensibles s’abstenir.

HERVÉ LUCIEN
Février 2018

17 février (23h à 5h)
Cabaret Aléatoire, Marseille
04 95 04 95 09
cabaret-aleatoire.com

Photo : c Antoine d’Agata-White Noise

La Friche
41 rue Jobin
13003 Marseille
04 95 04 95 95
http://www.lafriche.org/