Vu par Zibeline

Boubat l’intemporel

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 - Zibeline

Après Robert Doisneau et Willy Ronis, autres grandes figures de la photographie humaniste, la Maison de la photographie de Toulon fait la part belle à Edouard Boubat. «Classique» inclassable comme Lartigue ou Cartier-Bresson… L’accrochage, sobre et lumineux, s’attache aux années 50 à Paris, quand son œil fige les scènes quotidiennes, les infimes détails, dessine un portrait à vif des quartiers et de leurs habitants : chaises vides au jardin du Luxembourg, jeux d’enfants quai aux Fleurs, terrasse de café à Saint Germain des Prés. Poétiques, voire abstraits comme ces gerbes d’eau éclaboussantes, les images défilent et c’est le Paris de Boubat qui palpite !

À l’étage, place aux voyages, de Bruxelles au Sahara, des Pyrénées orientales au Mali, on sent toute l’humilité du photographe face à son sujet, comme en retrait, sa manière d’accrocher un regard, de débusquer l’insolite sans jamais frôler le folklorique. Si l’exposition balaie ses années de photoreporter, juste après la Seconde Guerre mondiale, et ses portraits de célébrités, c’est pour mieux se focaliser sur «sa célébration de la vie». Comme à Paris encore, entre les années 70 et 95, où il capte mieux que personne le «minuscule», l’indicible entre les gens, les paysages, ce qui flotte dans l’air. Le style est immuable, indémodable et reconnaissable au premier regard : la photo est chez lui comme une respiration vitale. On l’imagine, jusqu’au bout (il est mort en 1999), bienheureux, comme son petit-fils Rémi écoutant la mer, les yeux clos et rieurs devant l’objectif de son grand-père. C’était en 1995.

MARIE GODFRIN-GUIDICELLI

Juillet 2012

 

Photographies

Edouard Boubat

jusqu’au 22 septembre

Maison de la Photographie, Toulon

 


Maison de la Photographie
Rue Nicolas Laugier
Place du Globe
83000 Toulon
04 94 93 07 59
www.toulon.fr