Parcours entre art contemporain et univers du mythe au Centre d'arts René d'Anjou de Tarascon

Au-delà des murailles

• 14 juin 2013⇒31 octobre 2013, 14 juin 2013⇒31 octobre 2013 •
Parcours entre art contemporain et univers du mythe au Centre d'arts René d'Anjou de Tarascon - Zibeline

À Tarascon, au château du Roi René l’art contemporain rejoint l’univers fabuleux du mythe. De méditerranée d’autres Ulysse ont abordé sur les rives du Rhône

Le parcours emprunte l’itinéraire de la visite patrimoniale du monument presque entièrement rénové accueillant le Centre d’Art René d’Anjou. La complexité architecturale contraste avec la restitution de la superbe pierre de Fontvieille débarrassée de ses anciens oripeaux (vieilles cimaises, enduits…), révélant de salle en salle l’imposante architectonique et quantité de graffitis, traces d’une histoire complexe. Il ne faut donc pas ménager son effort depuis la chapelle basse protégeant la première œuvre rencontrée de Jean-Pierre Formica. Deux gisants de sel sur leur barque de Camargue funeste rappellent les couples immortalisés de la littérature ou conservés dans la pierre. Un groupe pétrifié est immobilisé, plus loin des aquarelles et céramiques polychromes évoquent un rivage extraordinaire en écho à celui troublant de François-Xavier Courrèges ou les paysages indicibles d’Ariane Michel. Le mythe et la légende s’incarnent dans des objets prodigieux ou surnaturels. Des poissons de méditerranée radiographiés au-delà des apparences pour Ben Attar, un gigantesque poulpe/nautilus (avatar aquatique de la Tarasque ?) de Christian Gonzenbach, les cerveaux volants et cerveaux roulants de Nicolas Rubinstein, trois têtes de cerfs en céramique émaillée et un lapin-témoin solitaire en attente à même la pierre de Françoise Pétrovich qui signe aussi l’entrée du site avec un Télémaque adolescent rouge guerrier en vigie. Pénélope et Ithaque sont proches. Delphine Gigoux-Martin a conçu plusieurs pièces spécifiques dont une théâtrale installation où se condensent le voyage et l’attente, la cartographie et le tissage suspendant des tapisseries à travers notre chemin pour conclure avec une forêts de javelots d’acier et de verre rappelant l’étape ultime d’Ulysse face aux Prétendants. En invitant aussi le projet collaboratif Ping-Pong de l’Atelier Municipal d’Arts Plastiques, et en évitant les poncifs historicisants accolés au monument dont il a la charge, son conservateur, Aldo Bastié, a su trouver une réécriture suffisamment signifiante, ouverte et poétique faisant cheminer l’univers des œuvres contemporaines avec le patrimonial pour rejoindre des mythologies plus lointaines.

CLAUDE LORIN

Juillet 2013

Rives imaginaires, sur les pas d’Ulysse

jusqu’au 31 octobre

Centre d’arts René d’Anjou, Château de Tarascon

04 90 91 01 93

http://chateau.tarascon.fr

www.mp2013.fr

Photo : Delphine Gigoux-Martin, Ce que j’aimais…, installation vidéo,tapis suspendus, renards naturalisés, 2013. (c) C. Lorin