Worldwide script et Africa 2020 exposés à la Cômerie, ateliers d'artistes à Marseille

Arts en résidence à la CômerieVu par Zibeline

• 17 mars 2021⇒21 mars 2021, 15 avril 2021⇒15 juillet 2021 •
Worldwide script et Africa 2020 exposés à la Cômerie, ateliers d'artistes à Marseille - Zibeline

Du 17 au 21 mars, la Cômerie ouvrait au public les portes de ses ateliers d’artistes pour l’exposition collective Worldwide script. Avant d’accueillir à partir de mi-avril, pour trois mois, Les ateliers Sahm de Brazzaville, dans le cadre de la saison Africa 2020.

Tout en haut du boulevard Breteuil, à Marseille, le couvent de la Cômerie, fondé en 1885 par des sœurs franciscaines, converti un temps en Ehpad, est devenu un centre d’art, confié par la Mairie des 6e et 8e arr. en 2019 à Montévidéo pour 3 ans. Inaugurés en février 2020 juste avant le premier confinement, les 3000 m2 du lieu ont déjà été traversés par différents moments de résidences, performances, projections, workshops et expositions. Lieu tourné vers les pratiques et les ateliers, qu’Hubert Colas, directeur de Montévidéo, imagine comme un espace potentiel de directions artistiques partagées, d’échanges entre artistes et politiques, entre disciplines artistiques, amateurs et professionnels. Un projet pour le monde d’après confinement.

Worldwide script

L’exposition se déroulait sur les deux étages de La Cômerie et commençait par une œuvre d’Estel Fonseca, dont les propositions à l’apparence tragi-comique et précaire, fixées au mur, posées au sol, sur la rampe d’un escalier ou installées dans une pièce, accompagneront le visiteur d’un bout à l’autre de l’expo. Des assemblages ou rapprochements d’objets ayant vécu, de textes trouvés, d’images abîmées, de matériaux hétéroclites (« bois peint, collants, chaussette, sacs plastiques, boîte de médicaments ») accompagnés parfois de modelages en plâtre et papier mâché, aux titres percutants (Se sauver des hormones, Post-matérialisme, le retournement). Un corps humain-urbain, fait de bric et de broc, fragile et violent, en décomposition-recomposition. Toujours au rez-de-chaussée étaient présentées les gouaches et illustrations de Laurent Eisler, formats A3 encadrés sous verre : ici un trio de danseurs, là deux bonhommes en slips, aux airs de Playmobil, autour d’aires ludico-sportives inventées. De petites sculptures également, assemblages verticaux de cylindres en plâtre spécial, aux couleurs pastel, ou de formes géométriques simples en céramique. Des œuvres déclinées en séries, des rêveries entre monde enfantin et monde adulte, immobilité et mouvement, surface et profondeur. Kent Robinson exposait un peu plus loin dans la « salle carrée » différentes déclinaisons de son alphabet cyrrilatin (réunion des alphabets cyrillique et latin), avec des techniques différentes, des supports, formats et accrochages variés. La création et la plasticité d’une langue, de ses représentations graphiques, de ses dimensions visuelles et sonores.

Au premier étage, dans la chapelle, était projeté sur grand écran I Ricorda ti che è un film comico de César Vayssié et la Cie A_FE, performance vidéo, étape d’un travail en cours autour de Beethoven (« le drame et l’absurde d’un compositeur sourd, qui a néanmoins composé “L’hymne à la joie” »). Dans l’extrait vu, cinq jeunes gens grimés et costumés, s’amusant avec les genres, les clichés, les postures. Leurs voix enregistrées en off, s’interpellant sur l’idée d’un spectacle vert, non carboné, horizontal. À terme, une proposition où « il sera question des paradoxes vivants de la société et l’incapacité que nous avons de les affronter collectivement, enchainés à nos angoisses personnelles ou à nos désirs amoureux. »

La suite de l’exposition se répartissait dans de petites salles de part et d’autre du couloir à l’étage, avec des vidéos signées Kent Robinson, Yoan Sorin, et Éric Minh Cuong Castaing.

Les ateliers Sahm

Les récentes contraintes sanitaires n’empêcheront pas Montévidéo d’accueillir à la Cômerie, à partir de mi-avril et pour trois mois, une vingtaine d’artistes africains en résidence (plasticiens, écrivains, réalisateur, chorégraphe, danseurs, auteur, slameurs), soutenus par Les ateliers Sahm de Brazzaville dans le cadre de la saison Africa2020. Un centre d’art fondé en 2012 par la plasticienne Bill Kouélany, une plateforme d’échanges artistiques qu’Hubert Colas, en compagnie de Colette Barbier de la fondation Pernod-Ricard (l’un des mécènes de l’évènement), est allé visiter suite à une rencontre avec N’Goné Fall, la commissaire générale d’Africa2020. Pendant cette résidence, des passerelles entre artistes africains et structures locales seront mises en place (avec le Klap, le BNM, le Fid) autour de trainings, de workshops. Des temps forts sont également prévus (Fête de la musique), des rencontres, des débats (Les mercredis de Montévidéo). Le principal évènement sera l’exposition Réinventer le monde… à l’aube des traversées, réunissant les œuvres d’une vingtaine d’artistes plasticiens venus de plusieurs pays d’Afrique centrale dont l’inauguration est prévue le 13 mai (à voir jusqu’au 18 juillet). Une ouverture qui reste suspendue aux décisions sanitaires qui seront prises à ce moment-là par le gouvernement…

MARC VOIRY
Avril 2021

montevideo-marseille.com

Photo : Worldwide script – Kent Robinson © Montévidéo

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