Sortir enfin, à l'UNESCO Géoparc de Haute Provence !

Appétit d’espacesVu par Zibeline

• 6 mai 2020⇒31 octobre 2020 •
Sortir enfin, à l'UNESCO Géoparc de Haute Provence ! - Zibeline

L’envie de sortir nous démange, c’est indéniable. Rêvons donc un peu sur les paysages et multiples propositions du Géoparc de Haute-Provence.

Premier Géoparc à être reconnu par l’UNESCO en 2000, celui de Haute-Provence a servi de modèle à plus de cent-soixante géoparcs répartis dans le monde. Exceptionnel par la variété de son patrimoine géologique, de ses sites, articulant nature, culture, matériel et immatériel sur un espace de 1989 kms2, rassemblant 67 communes du département de Haute-Provence.

Une dimension internationale

Ce n’est pas un hasard si Digne-les-Bains a été choisie pour l’élaboration et la signature de la Déclaration Internationale des Droits de la Mémoire de la Terre (texte fondateur et précurseur des Géoparcs mondiaux) lors du Premier Symposium international sur la protection du patrimoine géologique composé de plus d’une centaine de spécialistes issus de trente nations différentes, le 13 juin 1991. Le passé géologique des diverses roches de la Haute Provence accorde aux paysages leur particularité, leur grain, leurs couleurs, leur géométrie, résultat d’un passé géologique de plus de 300 millions d’années. Des paysages grandioses aux parfois énigmatiques traces de pattes d’oiseaux, du « Vélodrome d’Esclagon » au fossile de l’ichtyosaure de la Mélaie, le territoire de la Haute Provence regorge de merveilles qui nous racontent l’histoire même de la terre.

La naissance d’un Géoparc venait alors naturellement poser des jalons scientifiques, une volonté pédagogique, de partage et de transmission, afin de rendre sensible à tous la richesse de la Terre. Il s’agit de montrer comment la protéger mais aussi savoir en exploiter les ressources d’une manière responsable qui sache préserver paysages, écosystèmes et une histoire qui nous est commune. Un UNESCO Géoparc ne se contente pas donc de présenter un patrimoine géologique de premier plan mais sait mettre en relation avec lui les patrimoines écologique, archéologique, historique et culturel. Le tout animé d’une envie d’éveiller les consciences et de mettre en œuvre un développement durable en contribuant à l’économie locale. L’ambition est à l’échelle du globe, les Géoparcs du monde sont tous liés, et leurs représentants se rencontrent régulièrement afin d’échanger sur les pratiques et les démarches entreprises.

Apprendre et pratiquer

Les lieux invitent à la randonnée dans le Musée à ciel ouvert qu’est le Musée Promenade. Sentiers, ruisseaux, cascades ont inspiré des artistes du monde entier, Andy Goldsworthy, Joan Fontcuberta, Sylvie Bussières, Agathe Larpent qui proposent leurs créations au cœur du superbe cadre naturel dominant Digne-les-Bains. L’art se fond dans son cadre naturel, aiguise un point de vue, suspend notre regard à une perspective que l’on n’aurait pas forcément remarquée, ponctue la balade d’étonnements et d’émotions, tandis que les salles d’expositions disséminées le long du parcours rendent son épaisseur au temps géologique dans une mise en scène éloquente où savoir et esthétique se conjuguent en harmonie.
On se plaira à la visite de la maison d’Alexandra David-Neel, première femme européenne à avoir arpenté les rues de la capitale du Tibet, et l’évocation du métier d’explorateur, en écho à notre promenade, pris dans la découverte de paysages et de connaissances nouvelles.
Du printemps à l’automne on est convié à observer plus de 139 espèces de papillons de jour et 320 de nuit dans le Jardin des Papillons où ils évoluent librement. Avec de bonnes chaussures de marche on rejoindra le Lac de Sainte-Croix, les montagnes de la Vallée Blanche, les marnes des Terres Noires ou les villes de Moustiers Sainte-Marie et Sisteron, et nous intéresserons aux traditions et us provençaux, santons de Patrick Volpes ou huile d’olive du Vieux Moulin d’Estoublon (en activité depuis 1851).

Multiples, les activités s’enchaînent entre trail sportif et découverte de l’art contemporain en pleine nature, observation des animaux parmi lesquels les serpents peuvent aussi être « gentils »…

MARYVONNE COLOMBANI
Mai 2020

geoparchauteprovence.com

Visuel © Andy Goldsworthy